08.06.2008
Du jamais vu, unique au monde : la philo-sophie !
Abrasia : le fait d’agir contre ses idées.
J’ai trouvé ça dans un livre, je l’ai noté sur un carnet. J’ai ajouté "ruser avec sa volonté".
J’ai beau chercher, je ne trouve pas d’explication supplémentaire : Google et wikipedia ne connaissent pas ce terme. Mon dico passe d’abrasif (qui use) à abrasion (enlever en grattant). Ensuite il y a le mot abréaction (terme psychanalytique qui signifie brusque libération émotionnelle, le sujet se libère d’un machin refoulé).
Avec ça, je vais me débrouiller.
Agir contre ses idées - c’est-à-dire se mettre le doigt dans l’œil - ressemble donc à une ruse avec soi-même. Parce que ça n'est jamais évident de s’avouer ces trucs-là : j’ai fait ça alors que c’est tout le contraire de moi. Donc on feinte. Vous donner un exemple est impossible car cela reviendrait à vous avouer mes affreuses contradictions, mes troublantes erreurs, mes « putain pourquoi je ne me suis pas plutôt cassée la jambe ». Cherchez en vous-même (là où c’est bien sombre) et vous comprendrez parfaitement de quoi je parle.
Bon j’ai expliqué la notion de volonté contre laquelle on va (ou qu’on n’a pas à ce moment-là).
Alors, ça use. Forcément. Agir contre soi-même, c’est fatigant. Évidemment.
C’est toujours une dépense d’énergie colossale de faire, de justifier ce qu’on fait, de se remettre de ce qu’on n’aurait pas dû faire, etc…
Nonobstant qu’est-ce qu’on a enlevé et qu’est-ce qu’on a gratté ? (c'est la classe comme phrase, non…)
On a sûrement enlevé ses idées (c’est logique), et on a gratté comme un con parce qu'en général on sait qu’il ne faut pas gratter mais toujours on y va : ça démange, on gratte et ça fait un gros bouton deux fois plus gros et surtout ça continue à gratter…
(je ne vais pas m’en sortir de cette tentative de définition d’un mot qui, si ça se trouve, n’existe même pas. Ou alors au prix d’une pirouette de laquelle je ne suis pas sûre de retomber sur mes pattes) (je me dis pourquoi j’ai commencé à parler de ça, pourquoi j’ai pas écrit ce que je voulais au départ, j’avais dans l’idée de rédiger une petite « philo-sophie » sympa, toute simple, et voilà je n’ai pas écouté ce que mon cœur me disait…)
Ta ta ta ta ta ! (roulement de tambour qui annonce l’acrobatie)
Abréaction ! (c’est un peu comme abracadabra)
Me voilà libérée de l’angoisse de la page blanche !
(là, je salue et le rideau se ferme)
15:03 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : magie, spontex côté qui gratte, philosophie, écrire mais quoi, liberté d'expression
11.04.2008
L'érotisme de la "philo-sophie"
Comment se transformer en mystère…
Dans la fiction, il y a un truc important qui est le suspense. C’est une sorte d’étirement de la question. Un temps un peu suspendu (suspense, forcément) dans lequel on ne sait rien ou pas grand-chose, dans lequel ça titille (j’ai trop envie de savoir !), dans lequel on cherche et on se tortille de désir de connaître la réponse (mon dieu, mais que va-t-il se passer ?). Un vrai moment de bonheur, un rien masochiste. Et dans le rôle de celui qui a envie de savoir, on se délecte.
Alors imaginez une seconde que vous deveniez cette chose que l’on désire connaître avec la même intensité qu’un spectateur a envie de découvrir qui se cache derrière le costume de superman…
Comment ça marche ?
On donne des pistes (petites mais très mystérieuses) (pas trop non plus, sinon le spectateur est perdu et vous prenez le risque qu’il décroche), on joue à cache-cache et on étire le temps. C’est le plus dur. Il y a des impatients, des impulsifs, des excessifs parmi nous et pour ceux-là c’est un vrai challenge.
N'être pas là, ou un peu, trop peu. Ne pas se dire tout entier, tout de suite. Donner faim.
(en langage de filles : ne pas téléphoner à son amoureux toutes les 5 mn, savoir attendre que ce soit lui qui appelle) (c’est là qu’est le challenge, entre autres)
Attention, la vie de mystère est dangereuse et comporte des risques, comme
disparaître complètement (et dans ces cas-là on peut carrément vous oublier. Du coup, de mystère vous passez à légende, et une légende c’est un vieux truc qu’on n’est même pas sûr que ça a existé un jour) (c’est pas marrant de devenir une légende, on peut finir abandonné, tout seul, sur une île déserte).
L’autre danger, c’est de devenir incohérent, brouillé, trop compliqué, voir inaccessible parce que trop haut dans les limbes du mystère. (un peu comme une pythie, ces espèces de bonnes femmes dans l’antiquité qui disaient tout et son contraire en langage codé et il n’y avait que les spécialistes pour pouvoir traduire) (en général les professionnels des pythies, c’est des types pas nets qui se croient importants, donc pas fréquentables).
Bref, pour devenir un mystère, il faut savoir doser. Une sorte de strip-tease de soi-même…
Il y a matière, là, à se déshabiller lentement…
16:44 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : betty page, alfred hitchcok, philosophie, superman, mystère
29.03.2008
Y a-t-il une philo-sophie dans l'avion ?
ou Comment faire pour faire quand on sait pas comment faire, ni quoi faire ?
Ce matin, je me lève avec l’ambition de ceux qui ont le vertige mais qui vont quand même sauter en parachute.
Le questionnement (que je pratique régulièrement au lieu de faire des abdos, ou d’aller à la piscine) est un truc vicieux (je peux bien le dire maintenant que vous êtes accros). Indispensable, certes, mais vicieux.
Exaltant, c’est vrai, mais vicieux.
Enrichissant je l’avoue, mais vicieux.
Parfois cela vous entraîne loin, très loin.
C’est en gros le trajet dans l’avion, oh c’est joli les nuages, tiens j’avais jamais vu la terre sous cette angle. Et malgré la peur qui nous envahit, on s’interroge, on s’interroge. Un déroulement de la pensée sans fin, assis là dans le corps de l’avion, et y’a la carlingue qui tremble sous la pression, et ça fout les ch’tons mais on réfléchit. "Je saute ou pas. Si je saute, je serais fière de moi et mes parents seront super fiers, et puis les autres aussi. Parce que personne me croit capable de le faire, même moi je suis pas sure d’être cap. D’ailleurs je me demande bien ce que je fous là. Pourquoi je suis pas restée tranquille, en bas, les pieds sur le sol ferme. Déjà que je me casse la figure en descendant les escaliers, franchement sauter en parachute… Mais si je saute pas, qu’est-ce qu’on va penser de moi ? Oh, et puis qu’est-ce que je risque finalement ? Mourir, c’est tout. Ou alors d’atroces souffrances à cause des 26 fractures que je vais me faire en m’écrasant lamentablement dans un arbre qui sera là exprès. Parce qu’avec le bol que j’ai, le seul pin parasol qui va se trouver dans les parages, il va être pour moi."
Des questions, des questions, encore et toujours des questions…
Et puis tout à coup, l’instructeur va dire Go, Go, GOOOO !
Ce saut un peu fou, ce plongeon où ça transpire dans la combinaison, ce geste courageux et poétique à la fois, c’est le passage à l’acte.
La descente qui s’ensuit fait place à la contemplation, et à la satisfaction personnelle.
Conclusion : sachant que dans l’avion, t’étais paniqué et t’avais l’impression d’avoir 3 ans, quel est le meilleur moment de cette aventure ?
Le moment où tu sautes !
Précision : l’auteur de cette philo-sophie confesse que jamais, au grand jamais, elle n’a sauté en parachute. Et que ça m’étonnerait bien qu’elle se mette un jour dans une situation pareille.
Mais il y a quand même, ici, matière à méditer…
10:51 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parachute, philosophie, planeur, se casser la figure, sueurs et vertiges, courageuse mais pas téméraire
08.03.2008
Résumé de philo-sophie
J’ai entendu parler
Du besoin d’être aimé, et plus que ça
Des souvenirs de l’enfance et des pères, les blessures que ça laisse, les adultes que ça fait
Des routes et les chemins qui s’empruntent en attendant le bon, et aussi les virages qu’on négocie et les impasses, et ceux pour qui ça roule
De l’importance des rencontres
De la précarité et des risques
De ruptures : avec un autre, avec un métier. Et puis le mot rupture a pris la forme d’un président, alors j’ai décidé de ne plus utiliser ce mot.
Des choses qui s’arrêtent brutalement et des difficultés pour se reconstruire
De la solitude au milieu
De l’image qu’on donne, des autres qui vous regardent ou pas, comment ils vous regardent
De tas de trucs sur le temps qu’il fait, fera, était, devient, avec les nuages, le vent, l’hiver qui vient pas, l’été qu’on attend qu’il revienne
De si on fait des concessions, faire la pute ou être diplomate, de la limite que chacun se fixe
De se vendre
De se donner
De s’assumer, s’affronter, s’attaquer à soi
Des mercis se dire vraiment
Des colères, des « j’comprends pas ce qui se passe », c’est pas possible, de Groland qui devient en vrai en moins drôle
Et du monde qui tourne pas rond, qui change et de nous dedans.
Et de la banquise qui fond
Une jeune fille : « si tu regardes autour de toi vraiment, tu deviens fou »
D’amour comme je savais même pas que c’était possible
…
J’ai vu
Des larmes retenues juste au bord. Sans honte.
Des mains amicales se poser sur les épaules, les cuisses, les mains avec des bises
La mer Méditerranée et l’océan Atlantique, la neige aussi.
Des gens aller les uns vers les autres et s’arrêter. Un peu d’intensité dans les croisements
Des gens qui avaient l’air très très très riche, mais vraiment très très très riche
Des affiches pour vendre des voitures avec des fleurs qui poussent derrière les pots d’échappements
L’origine du monde en vrai et ça m’a fait du bien cette liberté, cette provocation, cet amour, et puis Lacan qui l’avait planqué chez lui. Comme si la proximité avec les œuvres étaient contagieuses un peu
Des couvertures de magazines qui ressemblaient à des attentats à la pudeur
Des yeux grand ouverts, écarquillés, sur des photos, des tableaux, des dessins, des écrans, des lumières, des paysages
Des émotions traverser les visages…
J’ai
Travaillé plus pour moi (plus d’écritures, plus de lectures), pour gagner plus du bonheur
Ecouté davantage et compris 2 ou 3 trucs essentiels
Evité de prendre des résolutions et fait ce que je pouvais
Voté, et regardé la télé qui se prenait pour le cirque et la galerie des monstres
Pris le temps pour ce qu’il est : un présent.
…
Et puis j’ai écrit des philo-sophies et j’ai aimé ça.
12:30 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : nuages, truc essentiel, philosophie, la mer, écrire



