30.05.2009

Méfiez-vous des bancs publics !

princesseglaces.jpg"Elle s'assit sur un des bancs publics en posant d'abord ses gants pour se protéger les fesses. Pas question de se payer une cystite, c'était bien la dernière chose dont elle avait besoin en ce moment."

La palme d'or de la phrase la plus nulle que j'ai jamais lue !
Et il y en a d'autres dans le livre… La princesse des Glaces de Camilla Lackberg.
On m'a dit que la traduction n'était pas terrible, certes, mais en même temps traduire le passage cité au-dessus c'est pas non plus un gros challenge littéraire.

Donc j'apprends qu'on attrappe des cystites en s'asseyant sur un banc
(ça passe à travers le jean, les collants, les manteaux ! Parce qu'ici on est en suède et il fait très froid à ce moment-là dans l'histoire).
J'adore aussi le coup malicieux des gants. Parce que c'est bien connu : les gants ça protège des cystites, alors que les pantalons pas du tout…
Et puis le coup de grâce, avec la "dernière chose dont elle avait besoin", puisque tout le monde sait que la cystite c'est utile et que y'a des fois où c'est moins chiant de l'avoir que d'autres.

Je le lis jusqu'au bout pour vérifier si le coupable est bien celui que je crois (ça sert à ça un thriller), c'est une lecture sans envergure qui va bien avec mes boules Quiès et l'envie de facilité que je recherche actuellement.
(mon propre livre est terminé, celui qui s'appelle Mon père n'est pas mort à Venise, et c'est un moment où je ne peux pas lire des choses trop belles, ça me renvoie à mes propres phrases que je voudrais encore améliorer, et je ne lis plus, j'écris en même temps, et c'est fatiguant)

Donc La princesse de glaces me va… comme un gant !

29.05.2009

Mouches killer !

Au supermarché, rayon Anti-moustiques, il ne reste que des tue-mouches. Première réaction : on s’en fout des mouches… Puis je regarde ce nouveau procédé inventé pour repousser la mouche de chez toi. Un adhésif sur ta fenêtre qui les attire.
Je me dis : "Ouais super, après, t’as un tas de mouches collés sur ta fenêtre, c’est dégueu." (en gros, je me dis quelque chose comme ça, en tous cas, je vois l'image du tas tout noir sur la vitre)
Mais, non…
Ils ont inventé un truc qui, non seulement, commence par les attirer mais après, elles repartent de l’adhésif avec une substance qui les colle, et surtout qui les fait mourir beaucoup plus loin (si possible dans la cuisine du faux salon de thé bio en dessous de chez moi, ça serait nickel).

Quand même, savoir qu’il existe un chercheur es-mouche qui crée des pièges aussi diaboliques, ça permet d’envisager à quel niveau d’ingéniosité ils doivent en être question armement nucléaire.
Et c'est pas fini !
Je regarde le dessin de cet adhésif tueur que tu installes sur ta vitre : un tournesol. Ah, ben oui, c’était marqué : « série Van Gogh ».
Ok, Van Gogh, c’est les tournesols, l’oreille coupé, et comme il vivait vers la Provence, il devait s’agacer des mouches qui y sont nombreuses avec la chaleur. Passé ce primaire constat, je ressens une sorte de pitié (pauvre, pauvre van gogh…) (paix à son âme) et je pense aux créatifs qui ont osé proposer ça et ce client qui dit "Oui, super, c’est génial comme concept ".
Tout ça pour un produit qui fait que les mouches vont mourir ailleurs, loin, échouées et seules, après un mini vol étrange où elles se sont senties toutes bizarres, patraques, comme si elles avaient mangé un truc pas bon.
Eh ben, c’est la faute à Van Gogh !

Du coup, j’ai fait mes courses façon comme j’adore : galak, croque-monsieur, et taboulé bio (c’est pour l’équilibre).

Une autre fois, je vous raconterai l’histoire d’un garçon qui m’avait demandé, très sérieusement, au sujet d’une mouche qui volait autour de nous : "Elle est à toi la mouche ?" (on n’imagine pas, mais il faut faire très attention à la réponse qu’on balance à une question pareille)

Re : en voulant chercher une photo pour illustrer (j'ai trouvé qu'une photo moche, c'est la marque Pyrel qui fabrique), j'ai découvert des forums sur les anti-mouches (oui) et même un type qui essaie de fourguer son stock de pyrel (il lui en reste 6…). Je tombe… comme une mouche !

16.03.2009

La philo-sophie Muse

milka.jpg Comme je ne savais pas trop quoi écrire (phrases tapées sur le clavier, aussitôt effacées), je suis allée chercher dans la cuisine de la brioche et du chocolat aux noisettes.
Imaginant que cette collation décalée, qui fait usage de petit-déjeuner retardé, me mettrait en liaison directe avec les muses inspiratrices, celles qui, si on les honore comme il faut, ne vous laissent jamais en plan (depuis Ronsard, ça marche).
Parfois, c’est comme ça, on se sent avec l’envie mais c’est une envie fuyante, de celle qui glisse entre les mains.
On a envie de ça, et de ça et de ça aussi, bref de trop de choses à la fois pour pouvoir vivre tout. Et peut-être à l’idée d’en sélectionner une des envies, on perd le goût de toutes.
Alors ça s’échappe en entier.
Et on se retrouve, très abruti, avec du vide.
(une bouchée de brioche et 2 carrés de chocolat) (ah la noisette…)
Donc vide.
(une autre bouchée de brioche et encore du chocolat)
Un peu moins vide à force quand même puisque la plaque diminue.
Et si elle se rétrécit dans son emballage, c’est qu’elle se reconstitue peu à peu dans mon estomac.

Vous remarquerez comme au fur et à mesure, la page se remplit aussi. C’est que j’ai détourné mon attention du vide justement.

Comment ai-je détourné ?

(c’est ça qui est intéressant, l’ébauche d'une potentielle solution, sinon à quoi ça sert que je vous mette sous les yeux des problèmes que vous n’avez pas si c’est pour vous abandonner en chemin avec une question que vous ne vous vous posiez même pas jusqu’ici…)
Pour se détourner du trop d’envies qui confinent au vide intersidéral avec frustration intégrée, j’ai seulement (en plus du chocolat-brioche) fait ce qui se présentait à moi, là, tout de suite.
Sans réfléchir aux conséquences, sans regarder tout ce que je ne faisais pas pendant que je faisais ce que je faisais (ça, c’est un peu la phrase du siècle quand même) et hop, voilà un texte écrit sur un sujet dont j’ignorais l’intérêt jusque là.
Et pourtant, et pourtant.
J’avais déjà ressenti cette panique à vouloir faire tout à la fois qui finit pas se transformer en j’ai rien fait du tout…
Je ne suis donc pas mécontente d’avoir trouvé un moyen de m’en sortir.
C’est bon signe, y’a de l’espoir, les muses sont là, et vive le chocolat !

A suivre…

09.03.2009

Jouvence & philo-sophie

« On tend vers le mou… » C’est ce qu’il a dit. (il m’a donné la phrase, cette formule magnifique m’appartient désormais) (veinarde)
C’était au sujet des corps. De nos corps.
Il y avait-là une douce fatalité.

Ma mère m’a dit : « avant j’étais une armoire à portes coulissantes. Maintenant je suis plutôt comme un vieux meuble qui grince. »

Venus_Beaute.jpg Cette nuit, j’ai rêvé d’une esthéticienne qui me disait « ne vous inquiétez pas, tout ce surplus alvéolé va s’en aller. »
J’ai vraiment rêvé ça : Le SURPLUS ALVÉOLÉ.
(je n’en reviens pas que mon cerveau – inconscient ou non – ait pu fabriquer une phrase pareille. Franchement, il pourrait s’occuper avec des trucs plus sérieux. C’est quand même pas les sujets qui manquent)
(c’est comme les insomnies : je trouve agaçant de se réveiller au milieu de la nuit alors qu’on a sommeil pour penser à des choses aussi inintéressantes que Comment je vais payer la facture de gaz, il me reste 3 copies à corriger, et Si je m’habille avec mon pull bleu demain, je pourrais mettre quelles chaussures avec ?) (et comme ça a le don de m’énerver, je me rendors encore moins vite)


J’en étais donc aux histoires du corps qui change.
Entre mon amoureux qui confirme la tendance à ramollir, ma mère celle à rouiller et cette esthéticienne menteuse et diabolique qui sévit la nuit (car le surplus alvéolé ne part JAMAIS), je me suis dit : Toi, tu travailles du ciboulot. Tu as peur de vieillir, tu t’angoisses pour un truc impossible à endiguer, tu es trop collée à ton image.
Donc, je me suis analysée froidement et objectivement, mais je n’ai pas entrevu l’once d’une réponse. Rien de rien.
Alors je me suis affirmée un petit « ben oui, t’as la trouille… »

A suivre…
PS : Peut-être que la nuit prochaine, je vais rêver que je pratique une liposuccion à ma facture de gaz tout en torturant l’esthéticienne que j’obliger à corriger mes copies… Je serais vêtue de bleu avec les chaussures parfaites, et alors comme ce rêve serait une sorte de triomphale revanche je dormirais comme un bébé !

04.02.2009

Et la philo-sophie fut…

…ou Comment se construit une philo-sophie ?

En fait, tout part d’un instant de la vie quotidienne, une question qu’on se pose, une attitude qui nous interroge, un truc qui pousse à la réflexion. Exemple : Sortie de bain. Elle dit "J’ai toujours l’impression qu’il y a un petit coin dans mon dos que je n’atteins jamais quand je me lave ? Pas toi ?"
(bon, déjà, il faut avoir chez soi quelqu’un qui dit à voix haute des trucs dans le genre. Vous savez ce genre de choses qu’on pense, mais qu’on taît. Le moteur de la philo-sophie, c’est de prononcer à voix haute ces absurdités-là)(Et je suis une spécialiste)
Donc la question portera sur : Le petit espace dans le dos impossible à nettoyer tout seul…

Mon amoureux répond (il est chouette mon amoureux parce qu’il répond à ces trucs-là, sérieusement, sans même marquer un poil de perplexité) que si après tant d’années, cet espace malgré l’absence de lavage ne dépareille pas du reste du corps, autrement dit que ça ne se voit pas, pire que ça ne sent pas, alors ça voudrait dire que ça ne sert à rien de se laver tout court…
Ah.
En philo-sophie que je suis, je rétorque
: Moi j’imaginais plutôt que ce petit morceau un peu sale pouvait symboliser notre part sombre, tu vois, cette obscure part de soi qu’on trimballe, qu’il est impossible d’enlever, et que chacun possède. Tu vois, je voyais ça davantage comme le symbole de nos noirceurs…

Si jusque-là tout allait bien, et qu’il ne manifestait aucune inquiétude quant à ma santé mentale, eh bien, ici, il marque un temps d’arrêt.

Silence dans la salle de bain.

Pour me sauver de la situation, j’explique (un peu présomptueuse) (mais quand il s’agit de sauver la situation, il faut avoir cet air un peu sur de soi, style « je suis dans les hautes sphères, tu ne peux pas comprendre…) « Tu vois, là, tu viens d’assister en direct à l’élaboration d’une philo-sophie ! N’est-ce pas un spectacle merveilleux que ces jeux de l’esprit, mon amour ? »
(non, en vrai, je ne lui parle pas comme ça, il est chouette mais quand même, faut pas le prendre pour un nigaud non plus)
Je recommence. Pour être au plus près de la réalité.

Silence dans la salle de bain.
« Tiens, ça me donne une idée pour la philo de lundi. »
Et mon amoureux de conclure : « T’es rigolote, tu sais… »

PS : Pour ceux/celles qui n'ont pas suivi depuis le début, la philo-sophie est un texte envoyé tous les lundis par mail (en avant-première) à un petit club de lecteurs. Nous sommes dans la saison 3. Et de temps en temps, je mets certaines "philo-sophie" sur ce blog…