05.09.2009
Livres de Plages…
La mer, les océans, les plages.
Le rêve de vivre devant, se lever le matin et voir la couleur du jour, l’horizon.
Un lieu à écrire.
Sur le sable de Michèle Lesbre :
Un homme assis sur la plage, avec derrière lui une maison en flammes. Une femme vient s’asseoir à côté de lui. Elle l’écoute. Il est question d’une noyade et d’un retour au début des événements. Pendant cette confession chuchotée, la narratrice s’accroche à ses propres événements, avec les livres de Modiano pour repères (dans une sorte d’association d’idées, les lieux de Modiano, les personnages avec des noms qui n’existent plus…).
Il y a des disparitions, quand les autres s’en vont pour toujours, et puis celles qu’on se fait à soi-même, quand on se quitte soi par peur de vivre.
Superbe livre.
La Baïne d’Éric Holder :
Soulac, la pointe du Médoc face à l’Atlantique. Une femme mariée avec ses deux enfants adorés, une vie de village (tout le monde se connaît), et puis un étranger qui débarque. Dans les villages, étranger c’est souvent un Parisien…
Eric Holder a une belle façon de raconter l’océan, les paysages de ce coin de gironde mélangé de vagues et de vignes. Il construit son histoire comme une boucle, avec une noyade aussi pour événement fondateur. Les livres révèlent des secrets, ils sont bouées de sauvetage. Les amants aussi deviennent des révélateurs. De lumière, de lumière intérieure.
Une belle écriture, vraiment.
(Une baïne, c’est cet endroit particulier de l’océan où se forme une sorte de bassin, un endroit calme comme un lac parfois au milieu des vagues. Forcément, c’est là qu’on a envie de se baigner. Quand on est habitué de ces plages depuis tout petit, on vous apprend à vous méfier de la baïne, car c’est en dessous que se forment les courants qui vous amènent vers le large. Avec la marée descendante, cela donne des paysages aussi beaux que ceux des rouleaux qui se déchaînent.)
(ces deux livres, une fois refermés, sont de ceux qui stimulent l’écriture, qui vous tirent vers le haut, qui vous redonnent la belle ambition et le désir de l’application à écrire)
09:52 Publié dans Les lectures | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : michele lesbre, eric holder, modiano, soulac, littérature, livre
29.06.2009
Portrait de l'artiste en hors-la-loi
09:29 Publié dans Les lectures | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : littérature, fiona capp, art, portrait de l'artiste en hors-la-loi
14.04.2009
Des livres et des bêtes…
Alors, alors…
Sur un Salon du livre à Soulac, dans le Médoc, il y aurait des choses à raconter.
J’ai pris des notes.
J’ai encore vécu quelques moments forts, qui font que l’écriture s’impose à soi davantage encore.
Mais la plus grande phrase fut celle-ci :
Une dame, d’un certain âge, tout en feuilletant les livres du stand où je suis, explique à sa petite-fille qu’elle n’a pas trouvé ce qu’elle cherchait…
Mon éditeur, à mes côtés, lui demande fort gentiment ce qu’elle cherchait, peut-être pourra-t’on la conseiller ?
- Eh, bien, voilà, répond la dame, je cherchais un livre sur le dressage des chiens, avec des astuces pour ma petite loulou…
Et elle montre une boule de poils noirs, accrochée à la laisse.
Mon éditeur, qui a pourtant un certain sens de la répartie, en est resté sans voix.
La littérature, pendant ce temps-là, se débattait comme elle pouvait…
Pour ceux qui aiment fondamentalement les livres, tout est simple. Entrer dans les librairies, attaquer un roman de 500 pages, le payer 25 €, comprendre à quoi sert une virgule…
Pour ceux qui n’ont pas cette chance-là, un livre est une chose étrange, une librairie une sorte de temple, 80 pages à lire déjà un combat (j’en connais certains qui comptent les pages lues fièrement) (ce qui ne viendrait pas à l’idée d’un lecteur habituel) (comme un amoureux ne compte pas les heures passées avec celle qu’il aime), bref il y a des barrières entre le livre et une partie de la planète. Des barrières hautes tels des murs de Berlin.
Parfois, ça me met en rage, qu’autant de personnes sur la terre ne connaissent pas ce bonheur-là de lire. Ne sachent pas comme on n’est jamais seul avec les livres.
Pour cette dame au chien, un livre c’est un manuel. Au fond, elle a un peu raison, c’est souvent un manuel à vivre, un roman, un manuel à connaître les autres, à découvrir… Mais un manuel avec une langue, une musique, et des tripes aussi quelquefois.
J’aurais aimé avoir l’à propos nécessaire pour lui conseiller le bon bouquin, au bon moment.
Je sais ! Mon chien stupide, de John Fante !
(et d’ailleurs je vous recommande ce petit bouquin hilarant) (même si vous n’avez pas de minuscule chien à dresser)
21:08 Publié dans Les lectures | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : soulac, mon chien stupide, littérature
10.03.2009
Dans LA librairie
INVITATION - PALPITATIONS - SÉQUENCE ÉMOTIONS
09:31 Publié dans La libraire a aimé | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : la machine à lire, sophie poirier, la libraire a aimé, bordeaux, littérature, youpi
07.03.2009
Du bien au cerveau…
Cees Noteboom. Voilà un auteur étrange. Une rencontre qui date. Une nouvelle rencontre ici avec RITUELS.
Un narrateur perdu dans Amsterdam, perdu dans son histoire, qui croise deux Tadds : un premier qui changea sa vie, un deuxième plus tard qui lui montre le zen. Tout le monde meurt à la fin. On le comprend vite. Il n'y a pas vraiment de schéma narratif, il se déleste peu à peu des choses, et on dirait que ce qu'on lit est happé par d'autres pages et d'autres gens… Une littérature qui n'a pas de genre. Vraiment, c'est surprenant. Ça ne ressemble à rien d'autre, ça ne rappelle personne en écriture. Pour ceux qui sont très très curieux.
extraits
« Les poissons commençaient à mourir de maux inconnus aux poissons d’autrefois et, au bord des canaux, les visages des automobilistes pris dans des embouteillages toujours plus longs présentaient parfois ce mélange de frustration et d’agressivité qui devait rendre si uniques les années soixante-dix ; toutefois personne ou presque ne semblait se douter que la nature, mère de toutes choses, n’allait pas tarder à rendre le dernier soupir et que la fin de ces temps de pollution approchait, pour de bon cette fois. »
…
« Depuis longtemps le monde empestait la fumée, Amsterdam commençait à rougeoyer discrètement, et cependant les uns et les autres préféraient incriminer la mauvaise humeur, les peines de cœur, un mariage étouffant ou des soucis d’argent. Nul n’avait encore dispensé aux hommes ce remède miracle, l’idée que c’est d’abord le monde qui est malade, et en second lieu seulement certains de ses habitants. »
« Vous savez, il m’arrive de penser que le seul fait de vivre à notre époque nous rend dignes du paradis. Tout va de travers. Il serait temps qu’ils nous lâchent leur truc sur la tête. Imaginez un peu le merveilleux silence qui suivrait. »
VALSE AVEC BACHIR
Je l'ai vu hier soir. Je ne sais pas trop comment en parler. Beaucoup de questions. D'émotions. Il montre la culpabilité qui entraîne la répétition, la mémoire qui sélectionne, le massacre des uns qui finira par tuer tout le monde, et puis comme dans Rituels la filiation avec ses poids, lourds comme des pierres.
17:02 Publié dans Les envies | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : littérature, valse avec bachir, cees noteboom, du pur plaisir
28.02.2009
Mon fils a une très bonne digestion
Est-ce qu’on devient fou parce qu’on réalise que c’est fou ?
En gros, voilà la question posée par mon ado du soir, espoir.
Dans notre vie à nous, le repas du soir est un moment de conversation. Cette tradition est née de repas en tête à tête que nous avions tous les deux : lui 3 ans et demi, moi 26. Un petit appartement sans télé, un salon qui faisait salle à manger et chambre, une situation banale de maman séparée avec enfant (on appelle ça monoparentale) (on devrait plutôt dire multiparentale). Donc.
Pour donner un peu de consistance à nos tête-à-tête, je commençais par lui raconter ma journée : moi aujourd’hui… J’organisais un récit, j’ai fait ci, j’ai fait ça, à un moment donné on a rigolé à cause de ça, et puis dans la rue j’ai vu ça, etc… Ensuite, je lui disais : à toi !
Et bla bla bla bla, et bla bla bla bla.
Vu que je suis une piètre cuisinière, ça avait d’abord le mérite de détourner son attention de mes ratages culinaires.
Résultat des courses quelques années plus tard :
- Mon fils est l’individu qui mange le plus lentement de la terre, et qui déguste froids tous les repas chauds.
- La phrase que je lui répète le plus souvent au cours d’un repas est : Mange Antoine. Parce qu’il parle tellement qu’il en oublie d’avaler sa bouchée.
- Et il pose des questions à peine assis à table. Parfois même, il y va direct : on parle de quoi ce soir ?
Donc certaines fois, ça donne :
Il arrive avec sa dégaine d’ado qui sort de son antre, il met les pieds sous la table (mal élevé) et sans même regarder le contenu de l’assiette (sauvée) il déclare :
Maman, tu crois que je peux devenir fou ? J’arrête pas d’y penser, parce que tu vois, c’est tellement fou ce qu’on vit.
Il vient de découvrir Camus. L’éducation nationale fait ça aux adolescents, leur faire lire Camus.
Au milieu de sa tentative pour en faire de braves petits salariés, adaptables et pas trop regardants sur les salaires, elle leur donne à lire Camus… Réalise-t-elle ce qu’elle leur met sous leurs yeux ? Imaginons que non, pas tout à fait.
En conclusion, j’ai dit ce que lui dit Camus :
ok, c’est dingue, on peut rien y changer. Alors le mieux à faire, c’est d’inventer sa vie. Mange Antoine, c’est froid.
11:34 Publié dans Les conversations | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : littérature, camus, problème de digestion, absurde
26.01.2009
OFFRE SPECIALE !

J’ai à ma disposition quelques exemplaires de mon livre La libraire a aimé, donnés par mon éditeur pour vous :
Et j’ai envie de faire des cadeaux…
Si vous voulez le recevoir, vous m’envoyez un mail ici.
Vous n’êtes pas obligé de faire un texte, ni même d’expliquer pourquoi, encore moins de dire que vous m’aimez ;-)
Vous ne serez pas obligé non plus d’en parler, ni de faire un compte-rendu écrit.
(bon évidemment, si vous l’aimez, je serai la plus heureuse du monde)
Voilà.
C’est délicat, parce que j’avais vraiment envie de faire ça depuis longtemps, vous offrir mon livre,
et en même temps je trouve ça un peu « faire sa maline ». Mais l’envie l’a emporté !
(pour ceux qui l’ont déjà, vous pouvez vous inscrire quand même, – vous me le dites – et je trouverai une solution-surprise…)
19:34 Publié dans La libraire a aimé | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : littérature, sophie poirier, la libraire a aimé, et toc !
09.01.2009
Symbole, soldes et droits d'auteur
Je vais recevoir mes premiers droits d'auteur…
Et l'argent se met à avoir tout à coup une odeur. Odeur de quelque chose qui a pris une place dans ma vie d'une façon que je n'imaginais pas. Quelquefois les gens me parlent en disant "auteur, écrivain".
L'écriture comme le nez au milieu de la figure.
Évident pour quelques-uns depuis la publication de La libraire.
Sortir le nez de sa cachette.
Et puis en parler davantage, expliquer, écouter, donc grandir, apprendre. Impression qu'en quelques mois, on avance beaucoup. On se libère.
Je vais recevoir mes premiers droits d'auteur.
Comment dépense-t-on cet argent-là ? Comment dépense t-on l'argent d'un symbole ?
J'ai pensé à ouvrir un Livret A, mais c'est de l'argent qui dort et qui rêve qu'il devient de l'argent à banquier. Alors il se réveille la nuit en hurlant du fond d'un coffre-fort virtuel et m'appelle :
"Délivre-moi des griffes du marché financier, je ne veux pas aller me perdre dans les paradis fiscaux, et puis disparaître brutalement, finir dans l'oubli ou dans les poches d'un retraité californien… Non, non, retire-moi, dépense-moi, utilise-moi tout de suite avant que je ne perde toute ma valeur !
Donc Livret A, basta.
Il y a bien la facture de gaz, qui va arriver bientôt. Chaque jour, inversement proportionnelle au froid dehors j'augmente la température de la chaudière, et je rajoute une paire de chaussettes au collant. Facture grimpe aussi. C'est mécanique.
Mais l'argent symbole alors me crie :
"Non, non, je ne mérite pas ce destin sans panache et sans gloire, me donner à Gaz de Bordeaux, quelle déchéance…"
Bon, bon.
Il y a des bottes aussi. J'adore les chaussures, surtout les bottes. Mais c'est les soldes. Justement, me direz-vous ! Et non, justement.
Car je suis une maudite du solde : pas ma taille, plus la couleur, rien qui va, et mon oeil qui lorgne sur la nouvelle collection, toujours posée là comme par hasard. C'est pas le moment du tout.
Ça va m'énerver, me frustrer, et je vais repartir avec mes sous dépensés dans un truc inutile que je me mettrais jamais.
Heureusement, dans ma vie il y a Paul Auster…
Son nouveau livre sort aujourd'hui. En homme parfait qui vient toujours à ma rescousse. Je vais acheter son "Seul dans le noir" et alors ce sera une sorte de boucle, très économie solidaire, j'équilibre, je recycle, tout ça reste entre nous, écrire, lire, éditer…
Symboliquement, je ne pouvais pas rêver mieux.
Et avec l'argent qui reste, on ne sait jamais, peut-être qu'une paire de bottes m'attend au milieu des baskets et talons aiguilles, divines, faites pour moi, soldées, à ma taille, parfaites… La fin de la malédiction.
12:51 Publié dans La libraire a aimé | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : sophie poirier lit paul auster, bottes de mes rêves, écrire, lire, littérature
16.11.2008
Un bonheur parfait
C’est-à-dire que sur les doigts des 2 mains, soit 10 livres à garder dans une vie de livres de 4 à 38 ans, je prends celui-ci.
Peut-être que c’est faux, que si je compte vraiment, je déborde.
Mais je n’ai pas souvent pensé ça. Sur 10 à emmener avec moi dans l’île à l’autre bout du monde, il y aurait ce livre-là.
Ce romancier, qui est né en 1925, et qui est américain (et oui), peut-être mort à l’heure où j’écris, en tous les cas âgé, et je pense à lui qui écrit si bien sur ce foutu temps qui passe, comme il doit se souvenir des belles heures…
Il parle des saisons dans ce roman. Les saisons comme autant de moments d’une vie entière, ce qui passe, ce qui demeure. Les choix qui sont faits, les hasards dégueulasses qui écrasent tout projet, qui écrasent l’idée même d’une vie toute bête, les bonheurs, les jouissances, les jouissances quand on sait juste après que c’était la dernière fois.
Il écrit sur l’océan, sur les feuilles des arbres, sur l’atmosphère dans une maison, un repas, des amis, des enfants, le désir d’être soi, les cuisses qui s’écartent, les rêves, les voyages… C’est toujours précis, simple, les descriptions font parfois une seule phrase un peu tourmentée, un peu exaltée. Juste. Il touche juste tout le long du livre. D’une tendresse infinie pour nos petites existences qu’on cherche à grandir. Il y a une mélancolie délicieuse, celle de la vie qui passe…
Ce monsieur-là a un talent fou. On dirait que c’est une femme qui écrit, parfois un enfant, souvent un homme.
Je m’aplatis, je remercie.
Et je vous encourage absolument à le lire, à l’offrir, le relire, le garder à portée de main (sur les doigts de)
Messages personnalisés pour quelques « blogs » :
Que Miss Zen prenne ce conseil comme un petit cadeau.
Cécile, c’est celui-là que j’échangerai autour d’un repas…
Abraham, je ne sais pas si c’est une lecture pour toi, je ne te connais pas assez, mais il y a dans ce que j’imagine de ta petite maison et de la fille aux bougies quelque chose qui ressemble.
Un bonheur parfait, James Salter, 1999. Editions de l'Olivier. Existe en poche au Points-Seuil (avec une affreuse couverture)
11:20 Publié dans Les envies | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : littérature, sophie poirier a aimé james salter, absolument, un bonheur parfait
06.11.2008
Flaubert prend-il la carte bleue ?
Ce que j'ai appris, l'ai-je payé ? (ÉCONOMIE)
Quand j'ai lu pour la première fois l'Éducation sentimentale de Flaubert, je me souviens, j'étais assise sur le rebord de la fenêtre avec le jardin et le soleil et je n'ai sûrement pas tout compris, mais je me rappelle très fort qu'à l'âge d'adolescente que j'avais, Flaubert me disait quelque chose d'essentiel : que les années à venir allaient être intenses et compliquées, que devenir un adulte me tourmenterait… Sans doute, mes parents ont donné les sous pour acheter le livre, mais Flaubert et cette "éducation"-là c'était gratos ! Lui, Flaubert, m'a donné quelque chose d'immense : cadeau !
Naturellement, il faut payer le support, le distributeur, le papier, le marchand. Mais heureusement que je n'ai pas à payer à la hauteur de ce que j'ai reçu : sinon surendettement exceptionnel garanti sur plusieurs générations.
(Remarquez au passage qu'on n'a jamais puni ceux qui prêtent leurs livres et les auteurs ne s'en plaignent pas)(Science-fiction : punition aux prêteurs de livres, vous recopierez 100 fois l'Éducation sentimentale)
Ce que j'ai appris, l'ai-je rendu ? (SOLIDAIRE)
À Flaubert, très mal, qu'il me pardonne… (sur Emma Bovary : souvenir d'un massacre en règle dans une dissertation d'étudiante). Me suis rattrapée en savourant Ses correspondances (et là encore, cadeau, merci Gustave !).
En devenant un passeur, un "réfléchisseur", un lecteur, un citoyen, un curieux, un gourmand, un "à-peu-près libre"…
Je rends du mieux que je peux, monsieur Flaubert, du mieux que je peux…
- Bon, alors, mam'zelle, pour les livres, ce sera espèces ? chèque ? ou CB ?
18:46 Publié dans Les petites résistances | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, gustave, découvert autorisé, mon banquier ne comprend pas mon amour des livres











