04.11.2009
"Philo-sophie" challenge
Je rappelle que la philo-sophie - avant d'être ici en ligne - est un texte envoyé tous les lundis matins (normalement) par mail (depuis 3 ans…) au club de mes lecteurs-amis. Celle-ci avait été envoyée début octobre.
La philo-sophie a passé un tour (un lundi)
(il fallait se remettre d’une journée Fête du Livre à Roussillon, en particulier de l’animation « cors de chasse ». Toutes les heures, un morceau différent – d’après l’annonce, parce que je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout, fait le distinguo entre le morceau 1 et le morceau 8 – et je me suis surprise à rêver d’un morceau de cornemuse à la place, quelque chose de plus harmonieux que le cor, et la cornemuse m’a paru soudain un instrument mélodieux en comparaison – c’est vous dire -) (donc lundi matin, j’ai dormi. Et après dans le train, j’ai dormi aussi, ce qui est rare) (et on était mardi, c’était donc raté pour la philo-sophie)
Séance de rattrapage : philo-sophie du samedi matin
Quelques plaintes reçues concernant la philo-sophie d’épouvante d'il y a quinze jours : en résumé « mais où sont passées les philo-sophies sucrées, débordantes de chocolats et autres gourmandises ? » Donc j’ai fait des crêpes. Si bonnes que même le Nutella fondant dessus était inutile…
Le truc pour les crêpes, c’est de mettre au lieu de l’huile dans la pâte et dans la poêle, il faut mettre du beurre demi-sel fondu (c’est un grand dieu des crêpes qui me l’avait soufflé, discrètement comme le font les dieux quand ils vous invitent à la révélation ou quand ils vous remettent un secret)
(ce dieu-là, maître des crêpes et breton, ne me punira pas d’un châtiment éternel de vous transmettre une astuce divine)
(faut se méfier quand on divulgue aux autres la connaissance des dieux, ils peuvent s’énerver, ils sont très susceptibles et surtout très égoïstes, ils ne supportent pas que nous, pauvres humains, ayons accès à tous les trucs géniaux dont ils profitent depuis la nuit des temps et avec lesquels ils nous narguent volontiers)
(je pense ici au feu – Prométhée en a fait les frais ; mais je pense aussi à des choses comme l’immortalité et regardez les vampires quel sale destin a été le leur quand ils ont voulu y goûter)
(donc, là, pas d’inquiétude, c’est un dieu des crêpes humble et partageur, il ne punira pas).
Voilà pour la gourmandise… Sans grand rapport avec la philo-sophie, je vous l’accorde. Encore que les dieux, tout ça, le rapport à la connaissance du bien et du mal, la tentation…
Bref. La philo-sophie ce matin est un peu mélangée, d’un désordre familier, et jusqu’ici elle est toujours retombée sur ses pattes.
Suspense…
(bon, là, entre le cor de chasse, les crêpes, prométhée et la gourmandise, je panique un peu quant à la chute. Parce que je veux bien déployer des trésors d’astuce et d’espièglerie, mais là je ne vois pas trop où je veux en venir… Je ne suis qu’une mortelle, avec ses failles, avec ses prises de risque, avec son orgueil)
(oui, son orgueil, car comment ai-je pû penser une seconde que j’allais m’en tirer encore une fois…)
Re-suspense…
(je pourrais vous donner la recette de la pâte à crêpes : prométhée = le feu sous la poêle, la gourmandise = manger les crêpes, mais c’est le lien au cor de chasse qui me manque… La sonnerie inaudible qui annonce que le repas est prêt ? Non, bof, ça manque de subtilité)
Re-re-suspense…
(je ne peux pas faire durer le suspense trop longtemps non plus. Tous les cinéastes le savent, trop de suspense tue le suspense)
La philo-sophie allait pour sa visite de politesse chez les dieux. En chemin, elle croise Prométhée, et profitant de l’occasion unique de rencontrer ce puni immortel aux entrailles béantes et dévorées par l’aigle depuis pas mal de temps déjà, la philo-sophie se permet de l’interroger sur son sort.
Il lui répond que son sort n’est pas enviable, mais que dire alors de celui de Tantale… Tantale ?
Mais oui, celui qui meurt de gourmandise impossible à rassasier, tout est là à portée de main…
Un peu comme ces fameuses crêpes, chaudes, légères, délicieuses, et qui ne sont pour vous que virtuelles…
(on va considérer que c’est la moralité du jour : si tu veux manger des crêpes, va les faire…)
(j’abandonne le cor de chasse) (de toute façon, on ne peut faire que ça d’un cor de chasse : l’abandonner… ou en faire cadeau à Prométhée pour qu’il signale aux chasseurs la présence d’un aigle mal intentionné dont il aimerait bien enfin se débarrasser pour toujours !)
BINGO !
08:37 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, faire des crêpes, nutella, gourmandise
15.10.2009
"philo-sophie" : SOS FANTÔMES
Comment choisir entre le Pire et le Rien ?
Il y a des moments comme ça, où certaines questions qu’on se pose ont l’air méchantes, avec des grandes dents pointues, ambiance douze coups de minuit, pleine lune et hurlements de loups au lointain.
La vie qu’on mène ne ressemble à rien de la vie qu’on veut, mais on la traverse…
Sorte de zombie plus ou moins apprêté, ectoplasme on vous traverse du regard, vous avancez le jour avec l’apparence des autres, mais la nuit (ces longues nuits…) vous sentez monter en vous l’angoisse caractéristique du mort-vivant.
Ce mort-vivant qui vit entre deux mondes, qui doit se nourrir au soir couchant de substances désagréables (la chair vivante ça ne vaut pas l'entrecôte saignante sauce roquefort avec une grosse assiette de frites) pour tenir juste en vie le temps d’une journée. Et re-belote, ça recommence : des journées pas terribles et des nuits douloureuses.
En général, le fantôme qui vous hante connaît les raisons de son état d’errance. Ce qui le maintient dans cette zone de vie/non-vie est ce que nous appellerons le Pire.
Et ce qu’il entrevoit de sa possible existence d’humain trop humain, c’est ce que nous nommerons le Rien.
Pour le Pire, nous avons tout un tas de situations diverses et variées (un boulot lassant, un chevalier servant qui n’en est pas tout à fait un, quelque chose qui a l’air impossible à changer et qui nous donne ce teint verdâtre qu’on essaie de camoufler derrière un bronzage de saison) (mais le bronzage partira – c’est l’automne), bref le Pire est un état bof, inconfortable, une sorte de "faute de mieux", un truc fait d’habitudes désagréables mais familières, avec au milieu de vraies douleurs (celles qui débarquent la nuit et vous obligent à hanter les cimetières avec un drap blanc sur la tête et des chaînes aux pieds) (ah, vous les entendez la nuit ces chaînes qui vous entravent et qui font ce bruit de ferrailles à chacun de vos pas…).
Voilà donc posée la définition (subjective) du Pire.
Le Rien, au début quand on l’envisage, ressemble à du Pire en pire, c'est-à-dire du Vide.
C’est l’inconnu, avec du danger et des risques.
Mais c’est aussi du Mystère…
Ah, le Mystère… Tout arrive dans le Mystère, les surprises, les étonnements, la vie douce qui se dévoile un peu, le Pire qui revient parfois montrer son nez, et le Meilleur aussi forcément. Mystère, Meilleur…
Du coup, le Vide ne le reste pas très longtemps. On se lance dans une sorte d’exploration du monde des vivants, revenu enfin de ses nuits sans fin, et si parfois on se heurte à des murs (la vie est pleine de murs, ne nous voilons pas la face, des murs qui en plus se jettent délibérément sur nous quelquefois), dans l’ensemble ce vide qui nous effrayait (mais de quoi avait-on peur ? Nous, le Nosferatu rompu aux atmosphères de brumes et de spectrales apparitions !), ce vide donc se métamorphose en Pleins.
Des tas de trucs à faire, à inventer, à redécouvrir, à rencontrer, à vivre…
Moralité : Ça n’est pas la peine d’entourer votre lit de gousses d’ail pour essayer de chasser vos draculas personnels (en espérant, petits malins, vous épargner cette transmutation nécessaire pour revenir au réel), ça ne marche pas…
La philo-sophie ne parlant que de ce qu’elle connaît intimement, vous pouvez me faire confiance ;-)
12:58 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, sophie poirier est une trouillarde, la nuit des morts vivants, thriller
18.09.2009
La cigale ayant "philo-sophie" tout l'été
Il y a longtemps que je n’ai pas pratiqué l’exercice de la philo-sophie.
Est-ce que, comme on le dit du vélo, je n’ai rien oublié et il va suffire que, légère, j’enfourche à nouveau mon clavier pour que viennent esprit et bons mots ? (c’est mal barré, pour l’instant j’écris comme au XVIIème siècle en moins bien…)
Il y a d'abord une atmosphère propice à mettre en place, et la philo-sophie va bien avec ces petits matins, se lever tôt (plus tôt que les ouvriers qui rénovent sans fin l’immeuble d’en face), l’odeur du café et un peu de France Inter. Mais forcément, ces ambiances-là, ça sent à fond la rentrée. Bref.
Il manque maintenant la question, l’inspiration, l’hypothèse de réflexion qui permettra à cette première philo-sophie de la saison 4 de prouver que son auteur n’est pas tarie (tarée, oui, mais tarie non).
La rentrée…
J’ai déjà abordé, puisque la philo-sophie a ce rythme saisonnier, les résolutions et autres décisions-motivations qui se retrouvent dans un placard jusqu’à l’année d’après, ce qui nous permet de les en re-sortir avec de grands cris : « Waouh ! Super idée ! Oh oui, j’ai vraiment envie, comment ai-je pu ne pas le faire l’année dernière ? » (et si je faisais comme avec mes vêtements, ça donnerait plutôt : bon, ça, je l’ai encore pas mis cet été, ça traîne depuis 5 ans dans le placard, je ne le mettrais donc jamais, allez hop : à vendre !)
Vous imaginez si on pouvait aller vendre toutes nos résolutions non tenues le fric qu’on se ferait !
Par exemple, cette irrépressible envie de faire du sport et de s’inscrire au club de gym, on pourrait en obtenir un bon prix…
- Oui, c’est une résolution que j’ai depuis longtemps, elle est de bonne qualité, elle n’a pas bougé.
- Oh, mais vous savez, je ne vais pas pouvoir la vendre cher. Elles m’apportent toutes leur envie de sport cette année, j’en ai déjà beaucoup en magasin.
(la marchande est dure en affaires, c’est normal, elle fait du business)
- C’est quand même une envie indémodable, un classique indispensable !
- Je sais, je sais, mais les femmes cette année recherchent l’originalité : faire du sport avec la Wii, un coach sur Internet. C’est l’influence des stars américaines.
- Bon, alors, vous la prenez pour combien mon envie de m'inscrire chez FitnessWoman ?!!
Nos résolutions de rentrée deviendront donc comme ces vêtements, abandonnées à leur sort de
« On ne sait jamais… »
Autre thème de rentrée 2009 : la crise et la grippe. Non pas, la crise a la grippe (pas de risque, elle est en pleine forme), ni la grippe a la crise (la grippe avance, puissante, effrayante…). Tout est là pour que le moral des français soit en baisse, et peut-être est-ce pour cela que cette année les retours de vacances avaient cet air douloureux.
Nous avons été un peu cigale pendant l’été car nous savions que le costume de fourmi (travailleuse) (et malade en plus) nous attendait de pied ferme.
Et voilà, nous y sommes…
Devant le placard (encore lui…), à trier parmi les résolutions, les désirs et les uniformes de fourmi.
08:52 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, cigale, club de remise en forme
11.06.2009
La philo-sophie : une autre princesse…
Que se passe-t-il quand, pile au moment où on n’aspire qu’à la paix et au repos, le vent se remet à souffler et la colline à redevenir une haute montagne ?
Un président qui n’aime pas la littérature vous dirait (dans un langage « que mêmes mes élèves ils le comprennent ») :
« tu retrousses tes manches, t’es content, t’es beau dans la tempête, tu fais des efforts et tu vas pas dans la rue crier tes difficultés, hein, oh, c’est quoi ça, tu crois que c’est pas difficile d’être président, et ben, moi je bosse, alors tu fais pareil, et tu la fermes. »
Vous pouvez essayer de lui expliquer que le problème c’est que justement vous aimeriez bosser, etc, il vous répondra toujours la même chose. Je vous l’ai dit, il n’aime pas la littérature…
Mais (heureusement) la philo-sophie n’est pas ce président et adore les livres, donc c’est une autre réponse que je vous ferai.
D’abord, disons-le franchement, les montagnes qui repoussent au moment où on rêve de faire une sieste bien méritée, c’est chiant.
On manque d’énergie, et aussi d’envies. Toujours se battre, et parfois on voudrait mettre sur pause, le temps de reprendre des vitamines par exemple…
Soit. On n’a pas toujours le choix.
Surtout, on ne remonte pas ses manches (c’est pas le moment d’attraper un rhume) (et en ce drôle de mois de juin, y'a des grippes redoutables). Donc on s’habille comme on aime, confortable, et on regarde le programme du jour. On pense quotidien, 24 heures, un jour après l’autre, et on verra demain.
Pourquoi, me direz-vous, ce conseil de rester collé au présent ?
Parce que dans ces moments d’extrême lassitude le futur est un vertige (la fameuse montagne).
On se concentre seulement pour que chaque jour soit un petit pas de plus vers soi. Ce qu’on veut pour sa vie (quitte à se battre… hein ?)
Par rapport au sommet à atteindre, il faudra sûrement se délester de 2 ou 3 trucs plus ou moins encombrants. Parfois même, il s’agit de sa fierté. Pas grave, l’amour-propre se perd et se regagne. Il faut savoir le considérer de loin dans certains cas, car ça peut être très gênant pour marcher l’amour-propre.
Au passage surtout, on n’oublie pas de se faire du bien (ça compense pour l’ego blessé, il faut donc le dorloter sur d’autres points sensibles).
Chaque jour, un cadeau, un moment de douceur, et n’oubliez pas : quelques pages de littérature !
En ce moment, je lis : La physique des catastrophes…
Ajout : la littérature et ses pouvoirs > Vous êtes libres de lire cet article
19:01 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
26.05.2009
Philo-sophie de haute voltige !
Se mettre à la place de l’autre : voilà le point central de l’histoire de la vie ensemble, le nœud de la société ou plutôt de son impossibilité à être une société d’égalité et de fraternité au nom de la liberté.
C’est un sujet ambitieux, je vous l’accorde, et je n’ai pas travaillé la question de façon consciencieuse (je n’ai pas passé mon week-end à relire Monstesquieu) (j’ai vu Millenium au cinéma en mangeant des pop-corns, c’est vous dire si j’étais loin de réfléchir à tout ça…)
Pourtant, le constat s’impose, c’est là toute la difficulté : ce qui est agréable pour moi peut être désagréable pour l’autre. Et surtout vice-versa. Plus encore, quand c’est désagréable pour moi, le plaisir de l’autre est parfaitement insupportable.
Dans les cas de la vie intime et sentimentale, ce décalage (appelé aussi chagrin d’amour ou haute trahison) se règle par la volonté personnelle, un long chemin solitaire et douloureux qu’il faut bien faire puisqu’on n’a pas le choix. Et un jour, on redevient heureux…
Dans la vie en société, régie par des règles, un grand nombre de lois permet d’établir une sorte de compromis où la liberté des uns n’empiètent pas trop sur la liberté des autres, une sorte de contrat qui nous protège un minimum de cette liberté de l’autre parfois dangereuse (mon plaisir, c’est de griller les feux rouges. Mon plaisir, c’est d’assassiner les gens. Etc…).
Mais ces règles, si elles sont simples dans le fond, sont parfois interprétables, difficilement applicables, pas toujours adaptées à la situation. Et surtout pas équitablement respectées.
Bref, vous l’aurez compris peut-être, j’ai encore vécu mes soirées en compagnie des plaisirs pris par les clients de ce faux salon de thé installé en dessous de chez moi et je vous assure que sous ma fenêtre à 1h du matin ils ne mangeaient pas des parts de tarte bio, encore moins du riz au lait. Ils buvaient bière et vin rouge, ils étaient heureux, la musique était forte, et ça durerait jusqu’à 2h du matin (et ils n’avaient pas envie que ça s’arrête, c’était bon cette soirée, peut-être même qu’un d’entre eux était amoureux et il aurait voulu que ça dure toute la nuit…).
Moi, j’étais au-dessus. Pour la énième fois depuis 1 mois je ne pouvais pas dormir, ni lire, ni rien. J’avais envie que ça s’arrête, 2h du matin c’était déjà beaucoup trop, je rêvais que débarque un car entier de CRS enragés, que le tapage nocturne et le débit de boissons illicite soient constatés, que l’établissement soit définitivement fermé avec des scellés indestructibles, que tous ces gens joyeux (et bourrés) qui m’empêchaient de vivre aillent alors plus loin prendre leur plaisir…
Ce matin, je me suis demandée si mon plaisir à moi ne serait pas subitement d’arroser ma plante à grande eau (j’ai le droit), de secouer tous mes tapis et couettes par la fenêtre (c’est pas interdit par la loi) et de jeter mes mégots (ça c’est limite, mais avec un bon avocat ça passera) juste en dessous pile dans la tarte bio du jour !
Je pense que le débat ne fait que commencer…
À suivre !
PS : si vous avez dans votre entourage un spécialiste des problèmes de nuisances sonores du voisinage, je suis preneuse ;-)
17:19 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, la liberté, l'égalité, la fraternité, les nuisances sonores !
30.04.2009
vieille, vieille philo-sophie
CHRONIQUE DU WAGON DE LA MORT (1)
Je serai tentée de me lancer dans un éloge de l’éducation à l’ancienne, avec châtiments corporels, punitions et pourquoi pas mise aux fers…
Il y a comme ça des trajets en train qui deviennent des enfers, à cause d’un seul petit bout d’humain, à peine haut comme trois pommes, déjà doué d’un talent hors norme pour faire chier à lui tout seul l’équivalent d’une voiture 16 entière.
Il est accompagné d’une mère. À la fois dépassée, qui parle aussi fort que l’enfant (d’ailleurs elle est la seule à répondre au téléphone, et à crier le désormais culte « je t’entends mal parce que je suis dans le train ») (et là tous ensemble dans nos têtes nous répondons « ben nous, on t’entend bien… »), qui alterne hystérie et je t’aime mon titi, bref, on se croirait dans un épisode de Super nany mais juste avant que super nany ne débarque, vous savez, quand c’est le chaos absolu !
Peut-être va-t’il s’endormir ? Mais je n’y crois pas trop, la fatigue a sur les enfants des vertus paradoxalement énergétiques.
J’ai profité que le train se vide pour m’éloigner un peu. Et me réconcilier du même coup avec l’enfance : je mets les pieds sur le fauteuil d’en face, je mange un truc au chocolat avec des noisettes, j’ai fini de lire Voici. C’est moi la sale gosse désormais !
De loin, j’entends toujours ce bruit désagréable de la poubelle qu’on ferme et qu’on referme avec le pied, vaguement il chante Mon ami Pierrot, la mère dit Arrête d’une voix morne, et moi je m’en fouts !
SPÉCIALE DÉDICACE !
L’air de rien, à profiter d’un rayon de soleil, la conversation allait son train (ça c’est pour la liaison avec le texte du dessus).
Et puis, toujours l’air de rien, avec un grand sourire, elle (oui, toi, reine d’un jour, à qui je dédie cette philo-sophie) elle pose la question :
« Dans les vieilles phrases, genre c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes, est-ce qu’il y a du vrai ? »
Autrement dit la sagesse des anciens est-elle d’actualité ? Autrement dit encore, la sagesse des anciens est-elle une vraie sagesse ?
C’était forcément une question de philo-sophie !
Réfléchissons ensemble…
Force est d’avouer que nous avons quelques exemples de vérités qui traversent les âges. Comme En avril, ne te découvre pas d’un fil, Plaie d’argent n’est pas mortelle, Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier…
Pour autant, est-ce vrai ? Et si oui, est-ce pour cela que c’est encore d’actualité ? Ou bien est-ce encore d’actualité seulement parce que ces phrases ont un grand sens de la généralité ?
Dans l’expérience de l’ancien, il y a forcément des leçons à prendre et à retenir.
C’est-à-dire que peut-être à une époque la clairvoyance était plus aisée (moins d’images, moins de messages, moins de brouillages), l’essentiel forcément se voyait alors comme le nez au milieu de la figure.
Exemple : En avril, il fait froid, l’après-midi s’il y a du soleil ça peut donner l’illusion du printemps, mais très vite le soir quand il est caché tu te rends bien compte qu’il fait super froid (6° le soir, c’est super froid). Donc si tu te mets pieds nus dans tes chaussures, ou si tu éteints le chauffage trop tôt, tu te les gèles !
Est-il nécessaire de posséder une sagesse ancestrale pour se rendre compte de ça…
Quelle est donc la leçon que nous adresse la vieille rengaine ?
Qu’il faut être souvent prudent, se contenter quelquefois de ce qu’on a (le truc des vieux pots), observer ce qui est sous nos yeux. Ce qui n’est pas faux…
Mais on peut aussi prendre des risques, avoir envie de mieux ou de plus ou d’autrement, se faire tourner la tête, et au fond comme un con se cailler les miches en avril !
Moralité : le vieux proverbe a ceci de parfait, il dit des choses tellement évidentes qu’il ne ment jamais.
(et ça, ce truc-là de dire des choses du bon sens impossibles à contrer, c’est quand même l’invention ancestrale la plus extraordinaire sur laquelle se sont bâties des multitudes de carrières politiques…)
À SUIVRE…
19:41 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, train de la mort, vieux proverbe, vieux pot, voici
16.04.2009
philo-sophie sous le manteau
Petite philo-sophie joyeuse et légère (au début), inspirée d'un fait réel.
Décor : 2 copines prennent un café. L’une doit aller chercher des subventions pour son association auprès du Conseil Régional. Elle part.
Quelques minutes plus tard, sur le chemin vers sa réunion avec l’institution, elle envoie un texto à son amie : «oh, je viens de croiser un monsieur qui m’a montré sa quéquette !»
Réponse : « Ça porte bonheur. Qui voit la quéquette aura les pépettes. »
Pourquoi cette introduction ?
Il s’agit d’exhibitionnisme. Mais aussi de se montrer pour avoir la sensation d’exister.
Qui n’a jamais ressenti ce manque de visibilité, cette sale impression d’être transparent, de croire qu’on voit à travers soi et que ce qu’on y voit n’arrête pas le regard des autres…
Ça peut arriver tout d’un coup, au milieu d’une foule.
Hier soir, par exemple, il y avait une fille à la sortie du spectacle. Elle était en bas des marches, un peu isolée, au téléphone. Elle était jeune, aux traits asiatiques, très jolie, et surtout resplendissante. Elle souriait jusque dans les yeux. Du haut des marches, remplies des spectateurs qui discutaient du spectacle, tout le monde la regardait. D’un seul coup d’un seul, toutes les femmes qui étaient là n’existaient plus. Toutes devenues une foule de transparentes.
C’est très désagréable.
Cela doit arriver à des gens très biens, même à des gens qui ont plutôt l’habitude d’exister très fort en général. Car il y a toujours quelqu’un pour venir exister plus que vous et vous évincer soudainement.
Comment faire pour s’en sortir ?
Soit on attend que ça passe… On ravale, on digère comme on peut, on se dit que ça va passer.
Soit on décortique attentivement celui ou celle qui fait de l’ombre et on critique (je déconseille fortement. Il ne s’agit pas ici de perfection, ce ne sont jamais des gens parfaits qui rayonnent intensément, bien au contraire. Cette action de déshabillage ne fait que vous renvoyer au mystère de l’éblouissement. Ça ne s’explique pas, on ne peut pas lutter.)
Soit on se venge en devenant un éblouissant à son tour (ça a un rapport avec le bonheur je crois. Ne vous inquiétez pas, je cherche activement la clé, le secret magique, et dès que j’en sais davantage, je vous transmets l’information)
Soit… on enfile un imperméable et on se met tout nu dessous.
(à vos risques et périls)
à suivre…
07:47 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, à poil, proverbe chinois
29.03.2009
Le principe du vide-grenier
ou comment/pourquoi se débarrasser d’un certain nombre de choses encombrantes, moches, inutiles ?
Il faut d’abord effectuer un tri. C’est le moment où il s’agit de remettre en question notre rapport aux objets (inanimés, avez-vous donc une âme ? Lamartine aurait été très très mauvais en vide-grenier…). Pas les objets indispensables. Ceux-là, la question ne se pose pas. Il s’agit ici des objets qui sont-là, parfois des cadeaux, et qui n’ont aucune raison d’y être. Mais ils sont là… Et ils racontent tous quelque chose.
Alors, on commence à remplir un carton avec ceux qui racontent le moins, qui n’ont rien à dire (ou rien d’intéressant) (par exemple, que peut nous dire une salière-poivrière en forme de dés, que peut nous raconter un sous-verre ikéa, quelle est la portée sensible d’une boîte à œufs…)
Naturellement, il y a toujours l’objet très moche, mais que personne peut comprendre à quel point on y est attaché… C’est l’occasion ici de vérifier la solidité de votre couple.
Donc vous faites votre carton. Il est prêt, et c’est avec une certaine fierté que vous installez les objets à la vente. Pas la fierté liée à la beauté intrinsèque de ce que vous exposez, non, non, vous n’êtes pas dupes, mais la fierté d’avoir vaincu des attachements stupides, d’avoir fait du vide à l’intérieur de votre intérieur, toutes fiertés qui redonnent une valeur marchande à ce que vous vendez.
Et c’est là l’erreur…
Vous ne bradez pas (quand même, vous n’allez pas laisser partir à 1 € ce vase à losanges rouges et orange bordés d’or) et donc, vous allez repartir avec…
Retour à la case départ. De votre carton, quasi rien n’a été vendu. Ces objets qui étaient là, chez vous, et qu’au fond vous aviez fini par oublier, vivre avec sans en être géné, vous ne pouvez désormais plus les supporter.
Vous avez l’air malin, maintenant…
à suivre
19:14 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : vide-grenier, lamartine, choses inutiles, philosophie
23.03.2009
dans le grand 8
Il y a des choses qui se mélangent ces derniers jours et ce matin tout est en vrac…
Le printemps avec les premiers soleils qui font vraiment chauds sur soi. J’ai attrapé un coup de soleil (un coup d’amour, un coup de je t’aime)
Bashung qui s’en va, donc il n’y aura plus de prochain album. Au passage, il me rappelle que fumer tue…
Des jeunes que j’ai vus hier autour de projets, de créations, de plaisir pris à faire et à inventer avec les mots, les images, la musique.
Tout ça aide à vivre, mais ne rend pas immortel.
Le vide qui suit après l’événement, quel qu’il soit.
Les Guignols ont eu 20 ans.
J’ai reçu des photos d’une chambre qui va accueillir un bébé, une autre vie qui prend forme. Au-dessus du lit, des mots sont écrits, une mémoire, une histoire.
Une autre chambre, d’hôpital celle-là, avec un jeune homme qui ne se réveille plus, on appelle ça respiration artificielle et coma profond.
Vous voyez, ce matin, je ne sais pas ce qu’il faut dire…
Les montagnes russes, on monte, on descend. Et puis on reste en plan. Le manège s’arrête. Je l’entendais, hier après-midi depuis ma terrasse (qui est un puits de jour mais comme ils ont mis un plancher en bois, ils appellent ça une terrasse) (pour moi une terrasse, ça veut dire qu’il y a du soleil et qu’on peut s’y allonger tout nu sur une chaise longue), je l’entendais le monsieur de La foire aux plaisirs. À cause du vent, je pense, la voix venait jusqu’ici :
« Vous en voulez encore ? »
Je peignais une étagère. Je pensais que c’était le même vert que l’autre, mais je me suis trompée.
J’ai mis de ce vert sur mes doigts, pour imiter mon peintre préféré qui a toujours de la couleur sur les mains.
Vous voyez, ce matin, je m’emmêle les pinceaux…
à suivre…
11:41 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, peinture, manège, la vie, la mort
16.03.2009
La philo-sophie Muse
Comme je ne savais pas trop quoi écrire (phrases tapées sur le clavier, aussitôt effacées), je suis allée chercher dans la cuisine de la brioche et du chocolat aux noisettes.
Imaginant que cette collation décalée, qui fait usage de petit-déjeuner retardé, me mettrait en liaison directe avec les muses inspiratrices, celles qui, si on les honore comme il faut, ne vous laissent jamais en plan (depuis Ronsard, ça marche).
Parfois, c’est comme ça, on se sent avec l’envie mais c’est une envie fuyante, de celle qui glisse entre les mains.
On a envie de ça, et de ça et de ça aussi, bref de trop de choses à la fois pour pouvoir vivre tout. Et peut-être à l’idée d’en sélectionner une des envies, on perd le goût de toutes.
Alors ça s’échappe en entier.
Et on se retrouve, très abruti, avec du vide.
(une bouchée de brioche et 2 carrés de chocolat) (ah la noisette…)
Donc vide.
(une autre bouchée de brioche et encore du chocolat)
Un peu moins vide à force quand même puisque la plaque diminue.
Et si elle se rétrécit dans son emballage, c’est qu’elle se reconstitue peu à peu dans mon estomac.
Vous remarquerez comme au fur et à mesure, la page se remplit aussi. C’est que j’ai détourné mon attention du vide justement.
Comment ai-je détourné ?
(c’est ça qui est intéressant, l’ébauche d'une potentielle solution, sinon à quoi ça sert que je vous mette sous les yeux des problèmes que vous n’avez pas si c’est pour vous abandonner en chemin avec une question que vous ne vous vous posiez même pas jusqu’ici…)
Pour se détourner du trop d’envies qui confinent au vide intersidéral avec frustration intégrée, j’ai seulement (en plus du chocolat-brioche) fait ce qui se présentait à moi, là, tout de suite.
Sans réfléchir aux conséquences, sans regarder tout ce que je ne faisais pas pendant que je faisais ce que je faisais (ça, c’est un peu la phrase du siècle quand même) et hop, voilà un texte écrit sur un sujet dont j’ignorais l’intérêt jusque là.
Et pourtant, et pourtant.
J’avais déjà ressenti cette panique à vouloir faire tout à la fois qui finit pas se transformer en j’ai rien fait du tout…
Je ne suis donc pas mécontente d’avoir trouvé un moyen de m’en sortir.
C’est bon signe, y’a de l’espoir, les muses sont là, et vive le chocolat !
A suivre…
12:00 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, inspiration, perplexe, scène de la vie quotidienne, milka










