08.07.2009

fermer les yeux…

Pour ceux qui ont les vacances loin devant eux,
Pour ceux qui ont envie de la mer,
Pour ceux qui rêvent de danser sur une plage, et le soleil se couche, vous savez cette heure sublime où la lumière nous rend beaux,
Appuyez sur PLAY et fermez les yeux…


podcast

01.07.2009

Pendant ce temps-là…

Je reçois des mails suite à l'interview du Buzz littéraire. Qui encouragent.

Mme Boutin attend un coup de fil du premier ministre, un peu gougeat. Heureusement, Monsieur Guéant  "lui avait «fait un certain nombre de propositions qui lui semblent intéressantes». Elle a notamment «parlé» avec lui d’un poste d’ambassadeur de France au Vatican."
Ça m'a fait rire, ça sonne un peu comme un exil, une sorte de placard flatteur.
Car c'est un gouvernement qui a le sens de la flatterie, on ne peut pas le nier. Le plus surprenant étant qu'ils soient si nombreux à tomber dans le piège. Pourtant Maître Corbeau, sur son arbre perché, avait juré (un peu tard, mais suffisamment tôt - 17ème siècle - pour que nous retenions la leçon) qu'on ne l'y reprendrait plus… S'ls n'ont pas lu La princesse de Clèves, devraient revoir leur La Fontaine.

Mon fils a enfin terminé ses épreuves de Bac Français : la maison retrouve son calme (forcément, il est parti chez des copains…). En gros, cela signifie que pour lui (comme pour un grand nombre de jeunes de son âge) la découverte de la littérature à l'école est terminée. Ça me laisse perplexe…

J'ai bien vérifié dans le dico : habiter en ville = urbain = poli et civilisé. Là aussi, ça me laisse perplexe…

J'ai envie de bleu qui mouille.

J'attends que mon livre sorte des presses de l'imprimeur, le temps est suspendu d'une certaine façon.

J'ai l'impression que les missions de l'année sont accomplies. Presque. (il reste la vengeance)(et 2 ou 3 autres trucs)

J'approche de la fin du Portrait de l'Artiste en Hors-la-loi. Que je conseille avec le même enthousiasme.

Et puis je vais aller manger une glace.



25.04.2009

Un mot ou deux…

En ce moment, je termine mon prochain livre.
Il s’appellera : Mon père n’est pas mort à Venise.

En ce moment, je retrouve le village, magique.
Il y a du mistral, les nuages sont partis plus loin.

En ce moment, je rêve d’une vie comme ça. Pas juste quelques jours comme ça. Une vie.

tombecamus1.jpg Dans un autre village, j’ai pris des photos de la tombe d’Albert Camus.
Cette fois, je l’ai vue en plein soleil, et pas éclairée par la lune comme la fois dernière.
J’avais posté la lettre pour Emmanuel Carrère. Il m’a répondu…
Je lis Un roman russe, après avoir lu un polar islandais dans lequel je me suis emmêlée les pinceaux avec les prénoms compliqués et qui se ressemblent.

Voilà. C’est un résumé. Peu de mots à disperser (avec le mistral, il faut faire attention…)

 

enfin

tombecamus6.jpgC'est cette photo que je voulais mettre au départ sur le billet précédent, mais rien à faire, elle se mettait à l'envers.

Voilà, la tombe de Camus, à Lourmarin.

07.03.2009

Du bien au cerveau…

Cees Noteboom. Voilà un auteur étrange. Une rencontre qui date. Une nouvelle rencontre ici avec RITUELS.
ceesnoteboom.jpg Un narrateur perdu dans Amsterdam, perdu dans son histoire, qui croise deux Tadds : un premier qui changea sa vie, un deuxième plus tard qui lui montre le zen. Tout le monde meurt à la fin. On le comprend vite. Il n'y a pas vraiment de schéma narratif, il se déleste peu à peu des choses, et on dirait que ce qu'on lit est happé par d'autres pages et d'autres gens… Une littérature qui n'a pas de genre. Vraiment, c'est surprenant. Ça ne ressemble à rien d'autre, ça ne rappelle personne en écriture. Pour ceux qui sont très très curieux.

extraits
« Les poissons commençaient à mourir de maux inconnus aux poissons d’autrefois
et, au bord des canaux, les visages des automobilistes pris dans des embouteillages toujours plus longs présentaient parfois ce mélange de frustration et d’agressivité qui devait rendre si uniques les années soixante-dix ; toutefois personne ou presque ne semblait se douter que la nature, mère de toutes choses, n’allait pas tarder à rendre le dernier soupir et que la fin de ces temps de pollution approchait, pour de bon cette fois. »

« Depuis longtemps le monde empestait la fumée, Amsterdam commençait à rougeoyer discrètement, et cependant les uns et les autres préféraient incriminer la mauvaise humeur, les peines de cœur, un mariage étouffant ou des soucis d’argent. Nul n’avait encore dispensé aux hommes ce remède miracle, l’idée que c’est d’abord le monde qui est malade, et en second lieu seulement certains de ses habitants. »

« Vous savez, il m’arrive de penser que le seul fait de vivre à notre époque nous rend dignes du paradis. Tout va de travers. Il serait temps qu’ils nous lâchent leur truc sur la tête. Imaginez un peu le merveilleux silence qui suivrait. »


VALSE AVEC BACHIR

valseavecbachir.jpg Je l'ai vu hier soir. Je ne sais pas trop comment en parler. Beaucoup de questions. D'émotions. Il montre la culpabilité qui entraîne la répétition, la mémoire qui sélectionne, le massacre des uns qui finira par tuer tout le monde, et puis comme dans Rituels la filiation avec ses poids, lourds comme des pierres.

Le site officiel

06.03.2009

Y'a quoi dans ton colis ?

Donc SWAP, donc l'Asie qui s'incruste un peu plus dans mon monde très occidental, donc tu rentres du travail et tu as un colis. Tu ne connais pas vraiment celle qui te l'envoie. Dedans, c'est plus poétique qu'un colis de La Redoute, plus intéressant qu'un colis de France Loisirs, plus étrange qu'un colis De la Contesse Du Barry, plus excitant qu'un colis de Sexy Store (non, ne comparons pas ce qui ne l'est pas…), plus étonnant qu'un colis de ta grand-mère… Bref.

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Un livre avec un homme nu sur la couverture swap.JPG

 

vueshaiku.JPG

paysnatal.JPGdes mots adhésifs pour inventer des haïkus sur mon frigidaire, du thé dans une grande poche rouge, Pays natal qui me fait très envie, là bientôt.
Les paquets enrobés dans du papier tissu rouge et or pour aller avec un petit cahier rouge, sans rapport avec le japon, mais très en rapport avec une jolie attention.
Sur des marque-pages illustrés, il y avait des petits mots écrits de la part de la faiseuse de cadeaux.

Je cherche une idée, un thème, pour faire un peu la fée moi aussi, et organiser ça. Par les temps qui courent, il faut être ambitieux, fée éphémère c'est un bon début.

01.03.2009

Je suis un arbre

maisonchinoise.jpg Alors je suis arrivée à la Maison chinoise.
En ce moment, l'Asie me tourne autour.
Mon cadeau, c'était 1h de massage des pieds, réflexologie et massage chinois traditionnel (je ne fais pas la différence entre les 2, mais je crois que l'un s'appuie sur l'autre : comme « tout ce qui en haut est en bas », je te tripote à bon escient) (définition très personnelle)

J'ai trempé mes pieds dans l'eau chaude pendant que le masseur qui ne parlait pas français s'attaquait à mes épaules. Le patron m'a dit : « on soigne d'abord les branches avant de s'attaquer aux racines » et il a ri.
Je m'appelle Poirier, la métaphore est parfaitement adaptée à mon cas.

Pendant que le masseur massait, je le regardais avec un petit sourire de temps en temps. Je l'imaginais bien Masseur officiel dans une équipe des jeux Olympiques. Il avait des bras courts et musclés, comme un haltérophile. Que faisait-il ici ?
Il avait l'air concentré, et comme je n'y connais rien en énergies chinoises et autres yin-yang utiles au bien-être, j'ai pensé qu'il m'envoyait des tas d'ondes positives. Que chaque geste traduisait des siècles et des siècles d'apprentissage, des siècles et des siècles de sagesse.
Je me suis dit : « cette fois c'est bon, je suis touchée par la grâce, protégée contre tous les mauvais oeils qui pourraient s'en prendre à moi. »
Et puis, je me suis rappelée que c'était son boulot, qu'il était né loin d'ici, et que sans doute ce n'est pas à moi qu'il pensait...
Peut-être à ces paysages qu'il ne reverrait jamais et que ces kakemonos censés évoqués la chine accrochés sur les murs ne lui suffisaient pas à lui pour faire le voyage. Il est dans une maison à Mérignac et il masse. Moi je me crois ailleurs.

reflexo.jpeg Il a appuyé à un endroit, m'a dit « vous mal ? ». J'ai dit oui. J'ai regardé sur le schéma du mur où ils ont représenté les pieds et la carte géographique des pieds. Au niveau du gros orteil, il y a un dessin du cerveau, après ce sont les yeux et les oreilles.
Là où il a touché, où ça faisait mal, c'est les poumons. Fait chier, j'ai pensé.

Vers la fin, il secoue chaque pied tellement vite, on dirait un dessin animé de pied.
Tout a l'air si sérieux et si mystérieux qu'un instant on peut croire vraiment qu'il va régler tous les problèmes.
Que ce qu'il te fait, ça va beaucoup plus loin que juste te faire du bien aux racines.

J'ai baillé toute la journée.
Mes branches n'ont pas encore de fruits, mais je pense que ça ne va pas tarder.

 

Pour ceux du coin qui veulent se faire du bien, c'est là.

08.02.2009

Un bout de monde

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Sur la plage du Cap-Ferret, celle qu'on appelle La Pointe, parce qu'à droite c'est l'océan et à gauche c'est le bassin d'Arcachon (et au milieu il y a Les Passes. Et quand on dit les passes, on met des majuscules, parce que c'est un endroit dangereux réservé aux marins, aux vrais, aux tatoués) (c'est là que l'océan se mélange au bassin et ça fait des vagues de travers).
Bref, aujourd'hui, à La pointe. (il y a aussi un marchand de gaufres à la pâte couleur orange) (les meilleures gaufres du monde) (enfin du coin) (j'en ai mangé une, avec sucre glace. Pas tellement adapté avec le vent, mais parfait pour la gourmandise).
Bref, aujourd'hui, la plage.
La plage au sens l'océan avec ciel gris foncé, pluie, et rafales. Et froid.

Les vagues. Sur le sable, des poissons (comme des mini-carpes, mais j'y connais rien en poisson, je sais juste à quoi ressemblent des carpes géantes pour en avoir vu dans les bassins du château de Montesquieu à La Brède, château réputé pour ces carpes à gabarit exceptionnel et aussi pour Montesquieu évidemment) (enfin pour ses restes, dont sa bibliothèque incroyable).
Donc des poissons échoués. Et aussi des cadavres de mouettes sans tête. Je ne sais pas pourquoi. Et je ne mènerai pas l'enquête, même si ça fait un titre parfait pour polar de gare.
Sur la route pour y aller, il y avait des centaines de pins allongés, déchirés, morts aussi.
La tempête… Le monsieur des gaufres dit qu'il y en a une autre qui arrive, plus petite, mais quand même.

Sur cette plage, les allemands de la seconde guerre mondiale ont laissé des blockaus. Comme les cailloux du Petit Poucet. En plus gros et désormais tagués.

C'est un de mes paysages préférés.
Mais j'ai pas vu grand chose du monde entier…

06.01.2009

Ernest, JR, et les autres…

J’ai toujours fantasmé sur ce qui se donne à voir, dans la rue. J’aime cette gratuité-là, avec la liberté, avec l’idée de réveiller les gens, ceux qui passent par-là, ceux qui marchent la tête un peu basse, ceux qui s’ennuient dans la vie. Au lieu d’animer l’esprit déjà bien encombré de ceux qui visitent les galeries, qui osent entrer dans les librairies et qui savent sur tout donner leur avis.
Il y a Ernest Pignon Ernest. Dont je n’ai jamais rien vu en vrai, in situ.

Parce que le street-art, c’est aussi une question de chance, être là ici et maintenant, et le ici/maintenant c’est pas toujours des endroits où tu aurais envie d’aller, encore moins d’y vivre.
Paradoxe : je n’ai vu cet art-là que dans les musées ou dans les livres. Quelquefois, j’ai aperçu un Space invader en vrai.
spaceavignon.jpg

 

Et JR, le photographe, à Arles. JRarles.jpg

 

 

 

Nonobstant (yes, je l’ai placé, et là il va parfaitement, c’est pas une posture, c’est un vrai nonobstant qui sonne juste) (trop la classe)
Nonobstant donc, je suis fascinée. Car même « institutionnalisé », le propos de l'art dans la rue reste efficace.

1765pignon ernest.jpgEt Ernest, un des Maîtres en quelque sorte, j’ai vu cet été une belle expo à L’Isle sur Sorgue, à la Maison de René Char. Avec surtout les hommes qui ressemblent à des Cris de Munch, collés sur des vitres de cabines téléphoniques. Il y avait également un film, dans lequel on voyait le grand monsieur malicieux travailler, expliquer, se régaler. Il dessinait les corps, ses modèles étaient des danseurs, tiraillés dans des positions christiques, quand le corps souffre. Il essayait de reproduire le mouvement, l’action pour qu’elle dise encore quelque chose.
Souvent le street-art fait ça : montrer une action, collée sur un mur et pourtant qui bouge.
À cause de la force de ce qui est montré, fort souvent parce que ça ne devrait pas être là, alors toujours c’est puissant : l’image ou la phrase nous regarde, nous demande quelque chose.
Ça nous réclame de réagir.

31.12.2008

Jacques Villeglé, vite !

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J'ai eu la chance d'écouter parler ce grand petit monsieur quelquefois autour d'un repas, sous les tilleuls, dans le jardin des Ateliers d'Aquitaine.
Il est espiègle, d'une intelligence passionnante, le mot précis, humble et rieur, son chapeau toujours sur la tête.

Son travail, je le connais d'abord par la grâce des rencontres, et alors j'en ai eu un aperçu que je considère comme un privilège. Je l'ai vu régulièrement, toujours dans ce jardin, écrire sur les ardoises qui forment aujourd'hui La mémoire insoluble, citations écrites en alphabet socio-politique. J'avais proposé celle-ci : "Chaque pavé a son sublime" de Gustave Flaubert. Elle est accrochée avec les autres sur le mur jaune de la galerie, à Beaubourg.
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Je l'ai vu lacérer des affiches, avec un geste sûr, découvrant alors "l'esthétisme mélangé" dans le hasard des épaisseurs. Comme s'il savait.
Avec les affiches, il montre des lambeaux du temps, alors forcément il présente aussi une histoire de la société. 0706_villegle.jpg
Et puis il y a cette fascinante liberté, celle du geste de l'artiste, de 1949 à aujourd'hui. Une liberté immense, assumée, pensée.
L'exposition à Beaubourg se termine le 5 janvier 2009. C'est important d'aller la voir.
Pour l'écouter et découvrir.


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Photo prise à La Mauvaise réputation, Bordeaux.

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