20.11.2009

Résumé des jours en 3 parties

Résumé des jours précédents (1)

Ça commence mercredi soir.

Il y a cette marseillaise entonnée et les drapeaux qui colorent de bleu-blanc-rouge les gradins du Stade de France (on est au top des symboles) (et tout ça ne va être qu’une histoire de symboles d’ailleurs).
Donc le match démarre…

Pour avoir un aperçu de son contenu, il faut lire le blog-télérama : les commentaires des commentateurs relevés au fil des minutes. L’exercice permet de se faire une idée rapide mais très précise de la rencontre.

Et puis il y a la main de dieu de Henry (expression en référence à la « main de dieu » de maradona – but marqué du point et qui permit à l’Argentine de gagner contre l’Angleterre – pour en savoir plus il faut absolument regarder le film-docu de Kusturica sur le joueur argentin)

De « main de dieu », on arrive aujourd’hui à la main du diable, ou de judas (au choix).

La tricherie diffusée sur tous les écrans de la planète…
Le geste (aussi violent qu’un coup de tête, dit-on) deviendrait un symbole de CE QUE N’EST PAS LE SPORT, mauvais exemple pour les enfants, et « tout ça c’est rajouter des difficultés à tous les éducateurs sportifs qui expliquent aux joueurs en herbe les belles règles du foot et le sens du fair-play et du respect et gna gna gna et gna gna gna…"

Dans les cours de morale qui finiront par revenir à l’école, au-dessus du tableau blanc, sera désormais inscrit tous les 16 novembre : Tricher, c’est pas beau.

Mais c’est pas nouveau la triche… C’est juste que maintenant ça se voit.

Pire. On voit des choses, que celui qui doit juger sur le terrain de ce qui est une faute ou pas, lui, ne voit pas. Ou trop tard. Une sorte de distorsion du temps et de l’espace.

Une sorte d’épisode de télé-réalité.

Une sorte de morale à la noix au milieu des drapeaux français.

Car, avouez-le, qui n’a pas tenté une fois dans sa vie une petite tricherie (même au Jeu de l’oie) ?

Le « Pas vu, pas pris » devenant donc aujourd’hui quasi impossible (mais pas dans les paradis fiscaux, ça ne marche pas dans ce cas-là, je ne sais pas pourquoi…), je vous conseille de faire attention quand vous vous laissez aller à vos petites faiblesses terriblement humaines.


Résumé des jours précédents (2)

Ça continue jeudi soir…

Un lieu plutôt très beau (une verrière en façade) pour un RDV que je découvre.

Je rate la première partie faute de place.

Du coup, je picore au buffet et une fois de plus, je constate qu’il y a quelque chose que je ne maîtrise pas dans ces réunions culturo-hype, c’est le sentiment de faire partie d’un milieu (et l’assurance sociale que ça doit procurer). Bon.


Deuxième partie, je suis assise par terre.

Une projection de 20 images. Chaque image fixe pendant 20 secondes.
Avec l’artiste (créateur, photographe, archi, illustrateur, étudiant, agence de com, designer…) qui commente son travail, son processus de création. Une performance plus ou moins improvisée selon les intervenants, plus ou moins maîtrisée.
Mais une performance néanmoins courageuse.

C’est intéressant cette explication en direct. Cette place donnée à la parole.

Pendant les projections, je me dis que les écoles de créateurs (des beaux-Arts à Archi, etc…) apprennent surtout aux futurs artistes à fabriquer du discours sur leur travail. Ça s’entend bien chez certains.

Et puis Sandrine Revel prend la parole, avec une voix douce, émue, qui trébuche un peu parfois. Elle est illustratrice, et peintre.
Elle évoque son processus créatif en chantonnant « trois petits chats chats chats – chapeau de paille… », une chose sert l’autre, le travail se tisse ainsi.

Elle parle de ses TOC : c’est-à-dire cette façon de dessiner qui s’impose à elle, les traits qui se refont à chaque fois de la même façon. Elle raconte la solitude et l’enfance pendant qu’on regarde ses portraits d’enfants seuls.
Elle évoque la mort d’un père qui fait accéder l’enfant à la maturité, d’un seul coup. Ici elle rend hommage à son professeur d’illustration dont elle vient d’apprendre la mort, et son émotion là tout de suite. Donc un silence et nous en face de ses images.

Elle avait ce courage des gens sincères et timides qui sont capables de se mettre tout nu devant les autres, d’une façon extrêmement pudique mais assumée.

Une fois encore, il s’agit de ce qu’on montre et comment.

Le concept de ces soirées se révèle vraiment stimulant. (du genre qui fait aller le cerveau à 1000 à l’heure)

 

Résumé des jours précédents (3)
Ça se poursuit vendredi matin.

Je fais le point, j’écris tout ça, je fouille la toile, j’écoute la radio

Réveillée (pas volontairement du tout) à 6h11, je profite de ces heures tranquilles avec le monde qui s’agite dans tous les sens sous mes yeux et dans mes oreilles.
Les infos se croisent, je suspends mon activité de temps en temps (une oreille attentive sur la météo, sur Todd qui parle de Camus, un peu de Bernard Marris, la mort de Kriss d’un cancer du poumon, je pense au futur mien, j’ai mal à la gorge du coup alors je me dis faut que j’arrête de fumer et je rallume une cigarette 30 secondes après cette pensée furtive mais récurrente) (je jette un œil aux blogs, aux articles qui paraissent, je lis le texte de Cendrey – mari de Marie (N’dyaye) –
qui dit ce qu’il pense avec beaucoup de rage au sujet d’un président & co – et je clique sur le lien du discours d’un président à des anciens combattants – et je clique sur les liens des questions posées aux français sur l’identité nationale…)

Je me ressers un café et recommence à taper sur le clavier.
Mon mélange du matin.

Camus, une illustratrice émue, une main humaine qui devient un symbole, la morale, être un exemple, grippe A ou cancer du poumon, écrire…

Écrire surtout.

18.11.2009

Let's the sunshine etc…

allumeurreverbere.jpg Je viens d’entendre que nous risquions des coupures de courant en cas de températures en dessous des normales saisonnières (le délestage, ça s’appelle), parce que la France est en manque d’énergie (et les français en manque d’optimisme) (éh bé, qu’est-ce qui se passe dans ce pays, à part les bleus qui se qualifieraient pour la coupe du monde ce soir, y’a rien qui vous enchante ? C’est étrange quand même ce moral à zéro, je vois pas pourquoi moi, tout va bien, non ?).

Donc ils annoncent ça à la radio et pendant ce temps je vois le lampadaire dans ma rue qui éclaire au milieu de la clarté du jour déjà bien levé.
Un lampadaire libéral ? Du genre qui s’en fout de la situation réelle et des prévisions alarmistes et qui continue sa vie comme s’il était dans un autre monde, un monde à lui fait de gaspillages et d’arrogance… Il se prend pour le soleil sans doute.
Un lampadaire prétentieux, alors ? Décidément, c’est dans l’air du temps, se prendre pour ce qu’on n’est pas. Il me regarde de haut l’orgueilleux…

(et voilà, j’ai encore allumé une cigarette sans m’en rendre compte. Ça m’énerve. Je lutte pour éliminer de mes habitudes toutes ces clopes fumées par réflexe pavlovien – pire que ça, par totale soumission aveugle : je suis une esclave – je voudrais au moins supprimer celles-ci, celles que j’allume uniquement parce que mon cerveau l’a décidé sans même se concerter avec moi. Je ne supporte plus cette rébellion de mon cerveau qui se prend pour le chef à ma place.)

Je reviens à mon lampadaire qui brille dans la lumière, imbécile et inutile, et repense à ces allumeurs de réverbère (que je n’ai connus que chez Saint-exupéry) et qui savaient les éteindre.

Au moment où j’écris éteindre, le lampadaire s’éteint : Magie. Sortilège. Miracle.
Un Fiat lux qui tomberait à propos dans une autre situation serait ici de la provocation…

9h17 : la vie reprend son cours normal, la lumière du jour a repris le dessus. Réveillée par mes mots ?
Prétentieuse, va…

26.06.2009

Version originale


podcast

La première fois
que j'ai entendu cette version, c'était au premier concert de Mathieu Boggaerts en novembre 1996, dans un petit bar-concert qui n'existe plus, Le Jimmy.

Je me souviens aussi de cette attente devant la télé pour voir le clip de Thriller. J'ai cette image précise dans la salle à manger de ma grand-mère, assise dans cet épouvantable fauteuil marron à fleurs. Fauteuil dans lequel j'ai passé du temps, de la lecture de Mickey Parade en mangeant du chocolat à quelques soirées devant les films du Cinéma de minuit (je voyais même les personnages de Folon s'envoler à la fin de la nuit…). Farah Fawcett est morte aussi. C'est sur ce même fauteuil que je regardais Drôles de dames.
La maison a été vendue depuis, et ma grand-mère est sans souvenirs à cause de cette maladie qui fait tout oublier, le pire et le meilleur.

Je me rappelle avoir dansé dans des bals de camping sur la côte atlantique, adolescente. Délicieux instants quand la vie a l'air tellement longue.

Ceci n'est pas un hommage, juste un enterrement.

 

13.06.2009

Dans le ventre des escargots

Hier soir, à minuit et demie, j’ai dit aux gens en dessous, ceux qui rigolaient fort et qui racontaient leurs vies autour d’une bière, j’ai dit par la fenêtre :
« Vous pouvez penser à ceux qui ont une vie différente de la vôtre ? »
Ils m’ont regardée comme si j’étais une sorte de dingue.

J’ai poursuivi : « Vous voyez, là, je ne peux pas dormir. Et je n’ai pas les moyens d’aller vivre ailleurs… »
Un grand débile m’a rétorquée avec un sourire moqueur : Dommage !
J’ai re-dit : « Oui, c’est dommage » mais là, j’ai ajouté quelque chose de triste et presque grave dans ma voix, comme si dans mon Oui, c’est dommage il y avait tout à la fois : la crise économique, les fins de mois difficiles, le RMI, manger plus de pâtes que de viande rouge, la pauvreté quand elle est humiliante, la grippe A, la planète qu’on détruit…

Il s’est tû et puis il a dit : « Ouais, ok, pardon, on va faire doucement. »
Un quart d’heure après, tous ces gens en terrasse étaient partis.

Juste avant, j’avais regardé des films d’animation sur Arte.
p5_lesventres.jpg Les Ventres, c’est un film de 16 minutes qui racontent un monde de Messieurs, très gros, tout ronds, qui mangent des escargots et qui font des affaires, c’est-à-dire des usines d’escargots modifiés pour être encore plus énormes, donc plus rentables. L’un d’eux finit par tomber, comme un cauchemar, dans une coquille vide au milieu d’une décharge de coquilles d’escargot. Il se retrouve dans une assiette, pour être mangé à son tour.

J’essaie d’avancer dans La physique des Catastrophes, mais je lis peu de pages le soir. Je ne sais pas si c’est l’effet Boules Quiès. Tout à coup, le silence cotonneux me berce, et je m’endors avec le gros livre sur la tête.

La température extérieure s’annonce délicieuse. Ça va donner un samedi soir agité (le bruit, ça rend un peu fou comme ça, t’en viens à préférer la pluie de préférence quand elle se met à tomber à partir de 19h et jusqu’à 2h du matin), une rue Sainte-Catherine remplie (le soleil, ça donne envie d’acheter des tongs et des shorts), des embouteillages sur la route des plages (le soleil donne les mêmes envies à tout le monde en même temps. C’est fédérateur le soleil).

Je vais faire la dernière re-lecture de "Mon père n’est pas mort à Venise", celle qui valide, celle qui dit : « OK, on y va, on imprime, on publie, on donne à lire aux autres maintenant. »
Celle qui fait peur, en fait.

Mais il y a autre chose à écrire, ça vient, ce ne sont pour l’instant que quelques pages. Moment privilégié. Délicieux début où tout s’invente librement, quand les phrases viennent toutes seules, qu’un monde peu à peu se crée, un monde à soi…

J’adore ces matins merveilleux, un peu calme, un peu chaud, des mots et du café.
Et juste un fin rayon de soleil sur mon petit orteil.

29.05.2009

Mouches killer !

Au supermarché, rayon Anti-moustiques, il ne reste que des tue-mouches. Première réaction : on s’en fout des mouches… Puis je regarde ce nouveau procédé inventé pour repousser la mouche de chez toi. Un adhésif sur ta fenêtre qui les attire.
Je me dis : "Ouais super, après, t’as un tas de mouches collés sur ta fenêtre, c’est dégueu." (en gros, je me dis quelque chose comme ça, en tous cas, je vois l'image du tas tout noir sur la vitre)
Mais, non…
Ils ont inventé un truc qui, non seulement, commence par les attirer mais après, elles repartent de l’adhésif avec une substance qui les colle, et surtout qui les fait mourir beaucoup plus loin (si possible dans la cuisine du faux salon de thé bio en dessous de chez moi, ça serait nickel).

Quand même, savoir qu’il existe un chercheur es-mouche qui crée des pièges aussi diaboliques, ça permet d’envisager à quel niveau d’ingéniosité ils doivent en être question armement nucléaire.
Et c'est pas fini !
Je regarde le dessin de cet adhésif tueur que tu installes sur ta vitre : un tournesol. Ah, ben oui, c’était marqué : « série Van Gogh ».
Ok, Van Gogh, c’est les tournesols, l’oreille coupé, et comme il vivait vers la Provence, il devait s’agacer des mouches qui y sont nombreuses avec la chaleur. Passé ce primaire constat, je ressens une sorte de pitié (pauvre, pauvre van gogh…) (paix à son âme) et je pense aux créatifs qui ont osé proposer ça et ce client qui dit "Oui, super, c’est génial comme concept ".
Tout ça pour un produit qui fait que les mouches vont mourir ailleurs, loin, échouées et seules, après un mini vol étrange où elles se sont senties toutes bizarres, patraques, comme si elles avaient mangé un truc pas bon.
Eh ben, c’est la faute à Van Gogh !

Du coup, j’ai fait mes courses façon comme j’adore : galak, croque-monsieur, et taboulé bio (c’est pour l’équilibre).

Une autre fois, je vous raconterai l’histoire d’un garçon qui m’avait demandé, très sérieusement, au sujet d’une mouche qui volait autour de nous : "Elle est à toi la mouche ?" (on n’imagine pas, mais il faut faire très attention à la réponse qu’on balance à une question pareille)

Re : en voulant chercher une photo pour illustrer (j'ai trouvé qu'une photo moche, c'est la marque Pyrel qui fabrique), j'ai découvert des forums sur les anti-mouches (oui) et même un type qui essaie de fourguer son stock de pyrel (il lui en reste 6…). Je tombe… comme une mouche !

12.05.2009

enfants/play-boys = même combat

Suite à ma chronique du wagon de la mort, j'ai l'honneur de vous annoncer que la SNCF va prendre soin de moi avec des voitures spéciales enfants mal élevés.

Je vais d'ailleurs en profiter pour faire une demande supplémentaire : dans le wagon avec enfants, ne peut-on y mettre cet autre sorte de chieur qu'est le dragueur professionnel déguisé en homme d'affaires ringard (celui qui a les cheveux rares et gominés coiffés sur l'arrière avec veste de costume bleu marine à boutons dorés) ?
Celui-ci draguerait les mères de familles fatiguées de cette vie routinière et exténuante avec tous les enfants à surveiller, elles seraient ravies, avec des joues roses et un sourire flatté, leur vie deviendrait à nouveau un conte de fée…

Et moi (ainsi que cette jeune roumaine sollicitée) (ça tombait bien, il avait failli aller à Budapest la semaine prochaine, mais bon, les affaires, bref, il était obligé de repousser…) nous aurions un trajet tranquille, débarrassé des conversations à voix haute destinées à se faire remarquer.
Hier soir, il est allé jusqu'à citer "tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" ajoutant "c'est nietzsche qui dit ça…"
Je vous dis, la grande classe internationale ;-)

04.05.2009

vue de ville

Bordeaux ex-aequo avec Marseille depuis hier soir. La Provence l’avait annoncé la semaine dernière : "le vrai rival, c’est Bordeaux !"

Dans ma rue (c’est une rue pleine de rebondissements) (une rue qui se veut éthique, en passe de devenir la rue équitable de la ville) (mais c’est de l’équitable version contemporaine, c’est-à-dire pas si équitable que ça…) (une rue coincée entre l’église saint-eloi, catholique intégriste, et une place bruyante, bobo intégriste. Au milieu on y vend du thé – le monde entier des thés - , du bijou artisanal, du bijou artisanal et du bijou artisanal)
Bref dans ma rue, hier, des gens avaient tracé une zone de gratuité (vous voyez, c’est la rue So éthique). Dans cette zone, on pouvait poser des objets ou en prendre. Comme ça. Pour la beauté du geste.

Hier, promenade sur des quais nouvellement aménagés, côté populaire de la ville. Ça fonctionne, cerf-volant, foot ou basket, freesbee et pique-nique. La ville se mélange, les dames voilées bavardent sur les bancs et les bobos se remettent allongés dans l’herbe de leur samedi soir arrosé.

En apparence, on dirait que bordeaux est devenu une ville de gauche… (ah, ah, ah, riez, riez)

28.03.2009

Fin du suspense

Si tu vas chez Ikea, il y a une petite porte discrète appelée accès direct au libre-service. Si tu passes par là, déjà tu évites le voyage guidé à travers les pièces idéales que tu n’auras jamais (tant mieux) et point de départ du désir créé à l’intérieur de toi.
Après tu marches vite, le regard fixe, tu n’as pas pris de gros sac jaune, tu te diriges vers le rayon luminaire. C’est comme un objectif vital, le reste est sans importance, tu n’as aucun besoin à satisfaire en petites cuillères, photophore et autres boîtes à pulls.

Là tu réalises que ta lampe n’existe plus. Tu t’adresses à un vendeur pour qu’il t’aide à choisir la bonne ampoule. Il te répond « ben faut démonter votre lampe et revenir ». Donc tu te débrouilles seul. Déductions faites (c’est assez simple chez Ikea), tu prends un lot de 4 ampoules, et grâce à ce vendeur aimable tu n’as plus aucune envie de dépenser de sous ici.

Maintenant il y a des caisses libre-service
.
Celles qui ont une « douchette  pour scanner » (à qui je décerne la médaille de l’expression la plus moche de la terre). Tu te diriges vers celle qui n’est pas prise et une autre employée aux couleurs tournesol te demande sur un ton de maîtresse d’école d’où tu viens. Tu réponds : ben là, elles étaient toutes occupées, alors j’ai fait le tour vers une libre . Elle répond « Bon, ça va. » J’ai cru qu’elle allait me demander mes papiers et mon extrait de naissance.
Ils se sont donc organisés pour m’aider à réussir mon challenge.
Je sors de chez Ikéa avec 4 ampoules.

Dans ma cuisine, c’est l’été. Ça tombe bien, dehors il pleut.

26.03.2009

Ikéa : le suspense !

zoomSoul.JPG
Il manque une ampoule dans la cuisine, et une dans le salon. Pourquoi partout où j’habite les lumières explosent aussi vite ?
Du coup, ça fait des ambiances claires-obscures. C’est joli dans un tableau, en vrai c’est chiant d’y voir moins bien. Mais bon, je n’ai pas attendu ma pénurie d’ampoules pour découvrir qu’il y avait un écart entre la réalité et la fiction. Celui de l’esthétisme en l’occurrence.
Bref. Le problème est que pour une lampe en particulier (qui est accrochée au plafond) si je ne lui donne pas pour se remplir d’énergie une ampoule IKEA (de là où elle vient), l’ampoule tombe (et donc se casse).
Je ne veux pas croire que le concept soit poussé à ce point, mais j’en suis à deux tentatives qui aboutissent au même résultat : ça se fracasse sur le carrelage (ce qui n’est pas du tout la raison d’être d’une ampoule).
Donc, bête que je suis, je m’en va retourner au grand magasin gigantesque pour acheter une ampoule. Sauf que.
Il s’agit d’aller chez Ikéa pour acheter UNE ampoule.
Vous entrevoyez le gigantisme du défi ?
Vais-je résister à la tentation, là où tout est organisé pour que je sois soudain submergée de tas de désirs que je n’avais pas jusque là ?
Saurais-je rester droite et digne au milieu des allées ?
Reviendrai-je de chez Ikéa avec une taie d’oreiller à rayures, une poubelle de table en plexi orange, un lot de bougies parfumées à la vanille, et les indispensables serviettes en papier vertes très tendances ?
Ah, ah, ah…
En ces temps à la fois consuméristes et in crisis, je m’offre un challenge !

 

l'ampoule peinte(extrait d'un tableau)©lexa

28.02.2009

Mon fils a une très bonne digestion

Est-ce qu’on devient fou parce qu’on réalise que c’est fou ?
En gros, voilà la question posée par mon ado du soir, espoir.

Dans notre vie à nous, le repas du soir est un moment de conversation. Cette tradition est née de repas en tête à tête que nous avions tous les deux : lui 3 ans et demi, moi 26. Un petit appartement sans télé, un salon qui faisait salle à manger et chambre, une situation banale de maman séparée avec enfant (on appelle ça monoparentale) (on devrait plutôt dire multiparentale). Donc.
Pour donner un peu de consistance à nos tête-à-tête, je commençais par lui raconter ma journée : moi aujourd’hui… J’organisais un récit, j’ai fait ci, j’ai fait ça, à un moment donné on a rigolé à cause de ça, et puis dans la rue j’ai vu ça, etc… Ensuite, je lui disais : à toi !
Et bla bla bla bla, et bla bla bla bla.

Vu que je suis une piètre cuisinière, ça avait d’abord le mérite de détourner son attention de mes ratages culinaires.

Résultat des courses quelques années plus tard :
- Mon fils est l’individu qui mange le plus lentement de la terre, et qui déguste froids tous les repas chauds.
- La phrase que je lui répète le plus souvent au cours d’un repas est : Mange Antoine. Parce qu’il parle tellement qu’il en oublie d’avaler sa bouchée.
- Et il pose des questions à peine assis à table. Parfois même, il y va direct : on parle de quoi ce soir ?

Donc certaines fois, ça donne :

Il arrive avec sa dégaine d’ado qui sort de son antre, il met les pieds sous la table (mal élevé) et sans même regarder le contenu de l’assiette (sauvée) il déclare :
Maman, tu crois que je peux devenir fou ? J’arrête pas d’y penser, parce que tu vois, c’est tellement fou ce qu’on vit.

Il vient de découvrir Camus. L’éducation nationale fait ça aux adolescents, leur faire lire Camus.
Au milieu de sa tentative pour en faire de braves petits salariés, adaptables et pas trop regardants sur les salaires, elle leur donne à lire Camus… Réalise-t-elle ce qu’elle leur met sous leurs yeux ? Imaginons que non, pas tout à fait.

En conclusion, j’ai dit ce que lui dit Camus :
ok, c’est dingue, on peut rien y changer. Alors le mieux à faire, c’est d’inventer sa vie. Mange Antoine, c’est froid.

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