12.04.2009
et ça (encore)
Je rentre chez moi (à cette heure où la ville en est juste au début de sa soirée, avec des tas d'ados qui ont bu trop de bières et qui sont pleins de plans compliqués aux arrêts des tram, ça téléphone, ça hurle un peu, ça rit) (c'est plus tard qu'ils chanteront, sous ma fenêtre…).
Je passe devant l'église saint-éloi (celle où la fille de dieudonné a reçu baptême avec parrain assorti en la personne de Le Pen). La lumière est allumée, j'entends l'orgue et des chants. C'est curieux, à minuit, une église en action…
Je vais devant la porte, oui, il y a une messe. Je lis le programme, la messe de la résurrection suivra les baptêmes adultes, à partir de 22h. J'ai envie d'entrer, je me serai bien assise un instant à écouter les chants, comme ça, dans la nuit. Mais j'ai peur de voir des choses qui ne vont pas du tout s'accorder avec le trip que j'envisage… Dans cette église, ils sont dangereux.
J'écoute un peu derrière la porte, et puis je rebrousse chemin.
Là, traverse devant moi une jeune fille à vélo, enveloppée d'un grand châle noir, une colombe blanche posée sur sa main.
Pour un peu, j'étais touchée par la grâce.
(mais heureusement pas…)
00:30 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
10.04.2009
ça et ça et ça, etc…
° Pluie, nuits un peu difficiles, réveil à chaque fois avec mon prochain roman en tête…
° Un élève ce matin, quand je demande ce qui s'est passé d'important vers 1789 : la guerre de cent ans ! Je répète ce qu'ils doivent connaître au sujet du siècle des Lumières, et on me questionne : ça a un rapport avec les types qui ont inventé le cinéma ?
° Mon fils est collé pour "violence physique sur autrui", motif : "a mis un camarade tout habillé sous la douche". Tout va bien, il a 16 ans et il fait ce genre de conneries. Heureusement.
Je me demande ce qu'ils écrivent quand les élèves se battent.
Le président fait la morale aux ouvriers qui séquestrent les patrons, il n'acceptera pas cette violence. Il dit Violence. Je pense aux autres violences, celles que subissent les ouvriers licenciés justement. Là encore, les définitions ne sont pas les mêmes.
° J'ai failli m'acheter une télé. Devant les écrans à la Fnac, je vois le visage d'Augustin Legrand, ici à Bordeaux, Place Pey-Berland. Je plante les télés et je vais voir les tentes.
° Ma mère, pour fêter Paques, m'a offert une énorme boîte de chocolats Léonidas (que des blancs à la crème). Les cloches peuvent sonner, je suis prête. Les chocolats d'ici là seront tous cachés dans mon ventre.
° J'ai encore augmenté le tas de livres à côté de mon lit. J'avais acheté aux Escales du Livre Du côté de Malaparte, de Raymond Guérin (extraordinaire), je vois que Pierre Assouline en parle aujourd'hui. J'ai pris aussi Sortir du XXème siècle d'Edgar Morin, L'art de la fiction de David Lodge, un polar du froid, un gros livre de Pessoa… Je prépare aussi mes futures lectures de l'été. J'aime avoir les livres, là, à côté de moi. C'est rassurant quand la pile est haute.
Je crois que j'ai bien tout mélangé… Parfait.
20:15 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : cocktail, mix, l'expérience du désordre !
15.02.2009
bruce willis présente la météo : le rêve !
J’avais dit que j’en parlerais. Je n’ai pas honte, même si j’ai conscience que ça n’est pas très valorisant. Dans les trucs un peu stupides que j’aime et que je pratique, il y a d’abord ça :
Parmi les trucs qui ne collent pas avec mon image (pour ceux qui ne me connaissent pas c’est une sorte d’image d’intello de gauche, style fille qui lit beaucoup, pas assez riche pour être estampillée pure bobo mais qui frôle un peu, genre qui va à l’Utopia et qui est abonnée à Télérama, tout ça, tout ça), je dois concéder une véritable fascination pour 2 mâles :
Zidane (surtout quand il crachait sur le terrain)
et Bruce Willis dans Piège de cristal et les films où il est tout sale dans son marcel blanc et qu’il transpire parce qu’il sauve un peu le monde quand même.
Et puis les trucs qui sont à la limite de la pathologie (il doit y avoir un nom à cette maladie, car je sais que je ne suis pas la seule) comme mon addiction à la météo. J’adore ça.
Il y a eu une époque où j’avais une télé avec des milliards de chaîne dont LA chaîne météo (preuve que je ne suis pas un cas unique). Fascinant. Je pouvais rester des heures à regarder : explication de phénomènes, défilé des températures, cartes en tout genre.
Plus raisonnablement, il y a le bulletin météo, façon post journal télé, avec des présentatrices qui racontent le temps à venir comme des contes de fées. Je regarde un peu partout sur la carte de France, les villes où il y a des gens que j’aime et le temps qu’ils auront eux.
Avec Internet maintenant, je vais sur le site de météo france, j’observe et je lis, le temps qu’il fera le matin, l’après-midi, le soir et même la nuit ! (alors que franchement, la nuit, je suis dans mon lit, donc la température ou la pluie ça n’est pas primordial).
Et puis le summum pour un addict météorologique, c’est l’Alerte rouge. Une sorte de paroxysme, un shoot extrême, la météo qui prend le dessus sur toutes les infos, il y en a plus qu’on peut en prendre, le pied total !
Je crois que je vais m’arrêter là pour les confidences… Je me suis un peu emballée, et je vais finir par dire des trucs qui se retourneront contre moi dans quelques années. Ne pas oublier que l’écrit reste, que les paroles s’envolent mais pas les archives de blog, que même si j’efface on peut tout retrouver dans le disque dur. Un peu de dignité.
(j’ai tapé dans google « je suis accro à la météo » et j’ai trouvé un site qui aborde le sujet : un truc québécois du ministère de l’agriculture, aucun rapport avec moi mais j’ai trouvé par contre des tas d’accros à d’autres choses assez variées : les séries télé, les sucreries, les hommes mariés, les sites pornos, les stats de son blog, le portable, le sexe -qui revient souvent-, un objectif très précis pour appareil photo, les big mac, le shopping, à un mec mais il faudrait pas… etc…) (je me sens moins seule dans ce monde étrange)
10:10 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : meteo, sophie poirier et les trucs bizarres, zizou, die hard 3
10.03.2008
Elephant people*
Me voilà taguée… (se faire taguer, c’est une sorte d’atelier d’écriture en fait. Qui passe de blog en blog. Quand on te tague, tu dois donner 6 qualités et défauts. Après c’est comme les chaînes de l’amitié, tu dois taguer à ton tour 6 autres bloggeurs) (un peu comme un My space, tu étends ta toile et ton réseau) (mon dieu que c’est beau)
Se retrouver taguée c’est une curieuse sensation, mais qui a l’avantage, contrairement au café renversé sur soi, de ne pas brûler et de ne pas tacher. Aussi, j’ai décidé de jouer et puis on ne sait jamais, je ne veux pas être celle par qui ne passera pas le miracle d’Internet.
6 qualités et défauts (tiens, tiens, ça me rappelle quelque chose).
Nostalgique : hier je suis retournée à l’école maternelle et j’ai fait mes devoirs.
Savonneuse : hier, j’ai glissé dans ma baignoire
La classe : aujourd’hui j’ai rendez-vous avec un avocat et ensuite avec un éditeur (sans aucun lien de cause à effet)
Éperdue : si vous pouviez voir ce que je vois
Menteuse par omission : j’ai fait des crêpes, et au lieu de mettre du beurre salé, j’ai mis du beurre doux. Alors j’ai rajouté du sel.
Fière de moi : pendant longtemps j’ai respiré de travers. Maintenant ça va mieux.
*Parce qu'on est tous le défaut de quelqu'un et la qualité de soi-même (mystère)
10:46 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : john merrick, baignoire, mystère, the married monk, miracle, tag, écriture
12.02.2008
Les sabots d'hélène…
J'ai remarqué que les filles d'aujourd'hui (ont de bien jolis parapluies, chantait Gérard Depardieu sur un 33 tours), les filles d'aujourd'hui se regardent droits dans les bottes.
Il y en tellement de modèles (pointues, rondes, carrés, cow-boy, plates, talons…) que se glisse dans ce coup d'oeil assassin un jugement qui varie selon : j'aurais dû m'acheter celles avec des talons, ou ça le fait des plates un peu motard.
En bref, il s'agit de vérifier si la botte de la fille croisée n'est pas la secrète… La perle rare, la botte qui sortirait de ce vaste paysage infini de la chaussure "on a toutes la même", celle de sept lieues qui nous emmènerait au bout du monde (c'est-à-dire sans avoir mal au pied le long de 2 ou 3 rues piétonnes).
L'oeillade est systématique, elle commence par là, en bas, avant de remonter éventuellement si vous avez réussi le test "j'ai les pompes qu'il faut".
En attendant, qu'elles regardent mes godasses tant qu'elles veulent, pendant ce temps-là elles ne matent pas mon amoureux.
19:15 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
18.01.2008
water-proof ou effet volume ?
À 37 ans, je ne savais pas me maquiller. Donc je ne me maquillais pas. Donc Sephora était l’équivalent pour moi d’une sorte de temple dans lequel on n'entre que si on a et enlevé ses chaussures (hors de question que j’abandonne mes bottes de star en plein cœur de la rue piétonne la plus longue d’Europe) et que si on est baptisée (ce qui n’est pas mon cas, ce qui tombe bien car je n’y crois pas du tout, mais alors pas du tout) et que si on porte une longue tunique orange avec le crâne rasé (la toge safran à la limite, ceinturée, mais le crâne chauve j’ai pas tellement envie) et que si on a des petites frisettes brunes qui tombent dans les yeux (impossible, c’est raide). Donc si tu as fait tout ça en même temps, tu peux entrer chez Sephora.
Ensuite, admettons t’es à l’intérieur (parce que tu as renoncé à tes convictions les plus profondes pour céder à ta curiosité). Et c’est l’épreuve de la langue étrangère version code secret. Khôl ou mascara, eye-liner ou crayon, pinceau ou éponge ou mousse, blush à paupières n’a rien avoir avec blush à joues, palettes multicolores ou mono poudre, à l’extérieur de la paupière ou sur le haut ou sur le bas…
Donc je prends un brillant à lèvres transparent et des cotons-tiges (ils sont vraiment jolis les cotons-tiges chez Sephora, avec leur petite boîte très pratique quand tu pars en voyage, je vous assure ça vaut le coup).
Et puis j’ai une copine, une vraie copine de la mort, qui m’a offert une petite boîte de couleurs pour les paupières et qui m’a maquillée tout en m’expliquant pourquoi, comment, chaque geste ! Soudain c’est un monde qui s’ouvre…
19:30 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
16.01.2008
t'as une drôle de tronche ce matin…
Quelquefois cela semble impossible de se débarrasser des rêves. On dirait que tout le jour on va se traîner les images mélangées, des chocs de civilisation, un éclatement de soi sinueux et sordide qui ne peut pas être vrai… On ne peut pas être ça, cette chose qu’on a rêvé.
Avoir dans la tête cette folie de sens et d’images, vraiment comme un cataclysme au fond du cerveau, une traversée dans le temps sans espèce de chronologie, des gens ressuscités et des actes sans morale.
Comment alors se lever, poser les yeux sur soi dans un miroir matinal, s’emparer d’une journée, devenir concret et efficace quand on a passé la nuit dans le surréalisme monstrueux du fin fond de son âme. Quelquefois on ne peut pas se débarrasser de soi comme ça.
19:25 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
06.01.2008
Chez le coiffeur
Parce qu’elle a dit
"J’adore les sacs de marque. J’ai un Gucci, un Dior, un…" et là elle énumère.
"Mais j’avais pas encore de sac Vuitton. J’aimais pas, le LV ça fait plastique, d’ailleurs c’est pas vraiment du cuir. Enfin, il y en a qui me plaît. Enfin je vais avoir un Vuitton."
C’est important les sacs pour les filles. C’est vrai, ça compte, une sorte de valise, de chez soi qu’on trimballe. Il paraît que ça finit la silhouette. C’est à ça qu’on repère la classe, si on l’a ou pas.
Elle, elle n’avait pas la classe pourtant. Elle essayait de ressembler à une page de Elle.
Et puis, elle étalait ses possessions comme si on était rentré dans son placard. J’avais pas envie d’être dans son armoire au milieu du it bag et du Longchamp.
Je me suis dit
Comment on va résister à ça ?
J’ai regardé
Mon vilain sac gris de chez H&M de l’année dernière (du H&M de l’année dernière, c’est comme une antiquité)
Et puis merde.
17:20 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note











