19/02/2010

2 ou 3 choses qui arrivent

Il y a eu des choses mélangées.
Ce rayon de soleil, d’abord, hier vers 17 heures. Avec celui-là, il y avait de la chaleur, un peu, un début de chaud sur la peau.
Je suis allée acheter un gros stylo qui écrit plus gras et plus large. J’ai accroché mon deuxième message sur la vitrine, il me faut donc désormais du matériel adapté.
J’ai passé quelques heures dans un hôpital, l’aile B qui vaut pour les maladies neurologiques. Un médecin m’a parlé avec son jargon pharmaco-technique. J’ai utilisé des mots concrets, alors elle en a utilisé aussi. J’ai pas peur des mots. C’est pas ça qui fait peur dans ce couloir de l’aile B… Après, je suis allée dans la chambre 105. À la place des mots, mon père, en vrai.
En rentrant chez moi, mon amoureux écoutait la radio. Une lecture du texte de Boris Vian : « Je voudrais pas crever… »
Avant de ? La question était posée, façon micro-tottoir. Tout le monde faisait un peu le malin, avec ses rêves sur la comète.
J’ai pensé que c’était plus facile de répondre à la question, là, maintenant, que dans la chambre 105. Une fois que tu es dans cette foutue chambre 105, tu te poses plus la question comme ça.
Je suis allée voir la nouvelle collection dans ma petite boutique de chaussures préférée. Il y a deux paires qui ont été exprès fabriquées pour moi, c’est marqué à l’encre subliminale sur l’étiquette : « spéciale dédicace pour Sophie ».
Nous avons dîné à l’Entrecôte, et la viande était parfaite, avec les frites et cette sauce mystérieuse. J’y ai remarqué ces familles, avec l’enfant qui s’ennuie, des mamans pas toujours assorties aux papas. J’avais envie de m’asseoir à chaque table pour écouter leurs bouts de vie.
J’ai acheté le livre du fils Kellerman. Avec les nuits agitées de bruits et d’insomnies, il me fallait un polar. Ça démarre bien. Mais je me suis agacée toute seule d’une impression très pourrie, avec des points qui manquent sur les i ou à la fin des phrases, des accents effacés sur certains a. Comme j’avais remarqué ça aussi dans le dernier Donna Leon, j’ai organisé un débat toute seule dans ma tête. (Messieurs les Éditeurs, vous vous plaignez, et vous craignez la disparition du livre, mais en même temps à force de vouloir baisser les coups et imprimer en Chine n’importe comment, vous enlevez toute la qualité de l’encre sur le papier. Et sur un livre qui vaut quand même 22 €, je trouve que vous vous foutez bien de la gueule des lecteurs qui achètent encore des livres ! Fin du débat)
J’ai rencontré des gens heureux dans une médiathèque, de ceux qui aiment la littérature et qui ne sont pas assommés par la logique marchande, des chanceux sans doute…

Aujourd’hui, il y a encore ce soleil.
Faut pas qu’il reste trop longtemps, je vais croire que c’est le printemps.


Commentaires

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(Sinon, tu sais, il doit y avoir plein d'autres Sophie dans ta ville ; tu es sûre que c'était de toi dont il s'agissait ?:)

Écrit par : yojik | 19/02/2010

.. (chambre 105)...

Écrit par : abraham | 19/02/2010

@yojik ; pour la dédicace, je suis sûre. Y'a que moi qui peux lire cette encre perverse !

Écrit par : ficelle | 19/02/2010

@abraham : oui, la 105, et il vaut mieux l'éviter celle-là… (et y'a pas de massage, ni de hammam au sous-sol, j'ai vérifié)

Écrit par : ficelle | 19/02/2010

Le printemps faut y croire de toute façon.

Écrit par : Aude | 19/02/2010

Tu as des journées bien chargées dis moi!

Écrit par : Dakine | 19/02/2010

@aude : rien ne pourra altérer ma foi ;-)

@dakine : oui, parfois, ça se remplit…

Écrit par : ficelle | 20/02/2010

Toujours autant d'émotion, d'élégance et de finesse dans ce que tu écris.

Écrit par : Cécile de Quoide9 | 22/02/2010

@cecile : merci…

Écrit par : ficelle | 26/02/2010

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