29.10.2009

Revues de choses en vrac

Allons-nous finir emmurés ?

regard_bernadette_SaintLouis.jpg

C'est le titre d'un article très intéressant dans Télérama, celui du 28 octobre.
"La mobilité des hommes est un mouvement irrépressible et mieux vaudrait l'accompagner que chercher à la réprimer. En maintenant des millions de migrants hors de notre monde commun, on crée le désordre en voulant la mise en ordre. Il est réaliste d'affirmer que l'obstination à s'enfermer dans ses frontières, à cultiver l'entre-soi, ne tiendra pas."
Et Wendy Brown (politologue américaine) conclut :
"Un jour, les murs qu'on érige aujourd'hui pour nous protéger d'éléments étrangers deviendront inévitablement, eux aussi, des prisons."

Dans la perspective du texte mis en ligne précédemment, j'ai entrevu un peu mieux ce que nous vaudrait un jour cette fameuse identité nationale (oui, je suis née en france, je n'en tire pas de fierté particulière puisque je ne sais pas ce que cela fait d'être autrement que française, le hasard m'a mis ici et je dois convenir que j'aurais pu tomber plus mal, et si j'ai chanté un jour La marseillaise c'était en punition dans un pensionnat très très catholique…)
Donc il y a les murs, ceux avec des briques et des barbelés, celui qui est tombé et tous ceux qu'on érige, ceux aussi qui se construisent dans les esprits. La seule identité nationale qui me donne des frissons, c'est quand l'équipe de france joue bien au football… Et le seul mur que j'aime, c'est celui qu'on utilise comme support d'oeuvres sauvages.

Au début de ce Télarama, il y a aussi dans le courrier des lecteurs, un Monsieur Pierre Nigay, qui envoit cette citation de Pascal, sorti des Pensées :
"Que la NOBLESSE est un grand avantage qui, dès 18 ans (23…) met un homme en place, connu et respecté comme un autre pourrait avoir mérité à 50 ans. C'est trente ans ganés sans peine."

Là, je me suis dit, en voilà une belle d'identité nationale, celle d'un vieux penseur mort MAIS français ! et qui sû exprimer avec élégance ce qu'on a entendu ces derniers temps dans les medias. (Mais oui, rappelez-vous, c'était la petite histoire de la semaine dernière, vous savez, celle qui occupait tous les esprits pendant que l'on ramenait dans leur pays pas si dangeureux que ça puisque même l'ONU n'arrive pas à se protéger…)

J'avais prévenu, c'est le désordre ici. (et encore, vous n'avez pas vu ma chambre…)

 

INFO DE DERNIÈRE MINUTE : demain, vendredi, à Bordeaux, à LA MACHINE À LIRE, Michèle LESBRE en dédicace à partir de 18h30 > J'y serai avec mon exemplaire de Sur le sable sous le bras…

La photo est empruntée au site de JR, grand photographe et animateur de murs !

GRAND JEU : j'ai cherché dans mes archives de blog le billet où je cite la fameuse question de jean Tardieu "étant donné un mur, que se passe-t-il derrière ?". Le premier qui retrouve le texte en question parmi mes archives aura un cadeau (livre) !

Commentaires

Trop fatiguée pour chercher ce soir.
Je crois bien qu'on va droit dans le mur!

Ecrit par : Aude | 29.10.2009

Il est super ce billet !
Pour le désordre dans la chambre vous me donnez une idée : abattre les murs.
Encore plus d'espace voué au désordre (ou extension du domaine du désordre)
On parlera pas politique sinon il faudrait faire sauter les murs à la dynamite.
depuis que je sais qu'on veut mettre les étudiants dans des containers et pis après pourquoi pas tous les gens ? Bon... C'est pour ça qu'on ne parlera ni société, ni politique. Et encore moins architecture. (Enfin, moi non)
Chercher Tardieu à 1H17 du matin ? mais vous n'y pensez pas, surtout qu'on n'est pas sûr de le trouver.
Le Jean il a peut être fait le mur ?

Ecrit par : Frasby | 30.10.2009

- "Le ciel est plein de songes mal formés
Ce grand séjour des êtres refusés..."
J. Tardieu
"Suite mineure" (1943).

Ecrit par : JEA | 30.10.2009

«L’espace. Etant donné un mur, que se passe t-il derrière ?»
C’est dans « Le Professeur Froeppel », de Jean Tardieu.
Aussi, je m'autorise à livrer ici l’une de mes phrases fétiches, que l'on doit au grand écrivain Portugais Miguel Torga : « L’Universel, c’est le local moins les murs. »

Ecrit par : Léon | 30.10.2009

@aude : malgré la fatigue, tu t'en sors bien ;-)

Ecrit par : ficelle | 30.10.2009

@frasby : mais personne ne dort à cette heure-ci ?! Le désordre ne craint aucun mur ! Même dans une minuscule pièce, je peux aller très loin ;-)

Ecrit par : ficelle | 30.10.2009

@JEA : Joli ! Le sieur tardieu était un grand monsieur…

Ecrit par : ficelle | 30.10.2009

@leon : C'est une phrase fétiche qui est parfaite ici. Tu as bien fait de t'autoriser ;-)

Ecrit par : ficelle | 30.10.2009

J'ai lu cet article excellent et j'avais remarqué aussi la citation de Pascal. Très très actuelle. Quant à chercher, misère, j'ai déjà bien du mal à m'y retrouver sur mon propre blog !!

Ecrit par : Aifelle | 30.10.2009

Picasso, tiens : "Peindre, c'est lutter contre le mur".
Même chose pour "écrire", pensé-je.

Ecrit par : Chr. Borhen | 31.10.2009

@aifelle : ah, il existe donc d'autres blogobordélique comme moi ;-) (parce que je suis épatée de l'organisation de certains, vraiment) Mon fils m'avait dit il y a quelques années : le bureau de ton ordi on dirait ta chambre ;-)

Ecrit par : ficelle | 31.10.2009

@Chr.Borhen : bien ! Et bien avant le graf/tag…

Ecrit par : ficelle | 31.10.2009

Ecrire un commentaire