15.10.2009

"philo-sophie" : SOS FANTÔMES

Comment choisir entre le Pire et le Rien ?

Il y a des moments comme ça,
où certaines questions qu’on se pose ont l’air méchantes, avec des grandes dents pointues, ambiance douze coups de minuit, pleine lune et hurlements de loups au lointain.
La vie qu’on mène ne ressemble à rien de la vie qu’on veut, mais on la traverse…
Sorte de zombie plus ou moins apprêté, ectoplasme on vous traverse du regard, vous avancez le jour avec l’apparence des autres, mais la nuit (ces longues nuits…) vous sentez monter en vous l’angoisse caractéristique du mort-vivant.
Ce mort-vivant qui vit entre deux mondes, qui doit se nourrir au soir couchant de substances désagréables (la chair vivante ça ne vaut pas l'entrecôte saignante sauce roquefort avec une grosse assiette de frites) pour tenir juste en vie le temps d’une journée. Et re-belote, ça recommence : des journées pas terribles et des nuits douloureuses.

En général, le fantôme qui vous hante
connaît les raisons de son état d’errance. Ce qui le maintient dans cette zone de vie/non-vie est ce que nous appellerons le Pire.
Et ce qu’il entrevoit de sa possible existence d’humain trop humain, c’est ce que nous nommerons le Rien.

Pour le Pire, nous avons tout un tas de situations diverses et variées (un boulot lassant, un chevalier servant qui n’en est pas tout à fait un, quelque chose qui a l’air impossible à changer et qui nous donne ce teint verdâtre qu’on essaie de camoufler derrière un bronzage de saison) (mais le bronzage partira – c’est l’automne), bref le Pire est un état bof, inconfortable, une sorte de "faute de mieux", un truc fait d’habitudes désagréables mais familières, avec au milieu de vraies douleurs (celles qui débarquent la nuit et vous obligent à hanter les cimetières avec un drap blanc sur la tête et des chaînes aux pieds) (ah, vous les entendez la nuit ces chaînes qui vous entravent et qui font ce bruit de ferrailles à chacun de vos pas…).
Voilà donc posée la définition (subjective) du Pire.

Le Rien, au début quand on l’envisage, ressemble à du Pire en pire, c'est-à-dire du Vide.
C’est l’inconnu, avec du danger et des risques.
Mais c’est aussi du Mystère…
Ah, le Mystère… Tout arrive dans le Mystère, les surprises, les étonnements, la vie douce qui se dévoile un peu, le Pire qui revient parfois montrer son nez, et le Meilleur aussi forcément. Mystère, Meilleur…
Du coup, le Vide ne le reste pas très longtemps. On se lance dans une sorte d’exploration du monde des vivants, revenu enfin de ses nuits sans fin, et si parfois on se heurte à des murs (la vie est pleine de murs, ne nous voilons pas la face, des murs qui en plus se jettent délibérément sur nous quelquefois), dans l’ensemble ce vide qui nous effrayait (mais de quoi avait-on peur ? Nous, le Nosferatu rompu aux atmosphères de brumes et de spectrales apparitions !), ce vide donc se métamorphose en Pleins.
Des tas de trucs à faire, à inventer, à redécouvrir, à rencontrer, à vivre…

Moralité : Ça n’est pas la peine d’entourer votre lit de gousses d’ail pour essayer de chasser vos draculas personnels (en espérant, petits malins, vous épargner cette transmutation nécessaire pour revenir au réel), ça ne marche pas…
La philo-sophie ne parlant que de ce qu’elle connaît intimement, vous pouvez me faire confiance ;-)


Commentaires

Entre le pire et le rien, il y a l'espoir, celui qui fait vivre, celui qui nous permet de maintenir la tête hors de l'eau, même lorsque c'est difficile.
Mais la Philo-Sophie d'aujourd'hui est encore une très belle philosophie, continuez à nous en offrir des "comme ça", toujours aussi talentueuses.
Merci Sophie.

Ecrit par : olivier | 15.10.2009

de rien ;-)

Ecrit par : ficelle | 16.10.2009

Décidément j'aime beaucoup votre philo-sophie.
(Décidément = c'est plus que décidé ! y'a pas à y revenir !)
Bon ! concrètement, je viens d'enlever les gousses d'ail autour de mon lit.
Pensez vous qu'avec des pelures d'oignons... ? Euh ...

J'attends votre réponse. J'ai confiance ;-)

Ecrit par : frasby | 18.10.2009

@frasby : non, n'essayez pas les pelures d'oignons (les vampires ne pleurent jamais, sauf dans les films)

Ecrit par : ficelle | 18.10.2009

en lisant ce texte, je sais pourquoi je reviens sur ton blog de temps en temps. Big Up !

Ecrit par : choule[bnkr] | 20.10.2009

Oh mais ce n'est pas pour les faire pleurer ! C'est pour les faire rire !
(Vous croyez qu'ils ne rient jamais ?)

Je serai assez curieuse de savoir dans quel film on peut voir un vampire pleurer (et j'ose espérer devant une soupe à l'oignon), mais j'ai un énorme trou de mémoire (un trou de mémoire pire que rien)... Je compte encore sur toutes vos belles expériences et la philo-sophie pour éclairer mon bazar, bah ! maintenant je connais l'adresse, je reviendrai !
;-))

Ecrit par : frasby | 20.10.2009

Imagine l'effet autobiographique d'une lecture de cette philo-sophie pas follement gaie ni treizoptimiste de cette philo-sophie dans la chambre impersonnelle d'un hôtel perdu au milieu de nulle part près d'un aéroport !

Cela dit, même si je n'en ai pas sous la main dans l'immédiat, je retiens le conseil anti-gousse d'ail pour plus tard et j'imagine que le procédé est encore moins conseillé en cas de partage du lit !!!

Ecrit par : Cécile de Quoide9 | 21.10.2009

@choule : tant mieux, si cela t'inspire un peu (je te dois bien ça !)

@frasby : vous pensez que faire rire le vampire pourrait le faire fuir ? ah, nous tenons peut-être là une piste… (dans entretien avec un vampire, y'en a bien un qui doit pleurer, non) (j'allais citer polanski, mais c'est pas très joli joli)

@cecile : ne t'inquiète pas, les vampires ne trainent pas du côté des aéroports (ils voyagent à travers le temps, et empruntent parfois une cape à superman pour aller plus vite). Dors tranquille !

Ecrit par : ficelle | 21.10.2009

Pourquoi choisir, d'abord ?

Ecrit par : Chr. Borhen | 21.10.2009

Moi en ce moment, je suis dans le bof... c'est pas mieux, c'est pas pire, mais ça fait rien, ça va passer... Au pire, il ne restera qu'un peu de vide...

Ecrit par : liliba | 24.10.2009

@chr.borhen : c'est une tournure d'esprit ;-)

Ecrit par : ficelle | 27.10.2009

@liliba : j'ai du faire une philo-sophie sur le bof… ;-) Je t'enverrai le lien dès que je m'y retrouve.

Ecrit par : ficelle | 27.10.2009

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