06.01.2009
Ernest, JR, et les autres…
J’ai toujours fantasmé sur ce qui se donne à voir, dans la rue. J’aime cette gratuité-là, avec la liberté, avec l’idée de réveiller les gens, ceux qui passent par-là, ceux qui marchent la tête un peu basse, ceux qui s’ennuient dans la vie. Au lieu d’animer l’esprit déjà bien encombré de ceux qui visitent les galeries, qui osent entrer dans les librairies et qui savent sur tout donner leur avis.
Il y a Ernest Pignon Ernest. Dont je n’ai jamais rien vu en vrai, in situ.
Parce que le street-art, c’est aussi une question de chance, être là ici et maintenant, et le ici/maintenant c’est pas toujours des endroits où tu aurais envie d’aller, encore moins d’y vivre.
Paradoxe : je n’ai vu cet art-là que dans les musées ou dans les livres. Quelquefois, j’ai aperçu un Space invader en vrai. 
Et JR, le photographe, à Arles. 
Nonobstant (yes, je l’ai placé, et là il va parfaitement, c’est pas une posture, c’est un vrai nonobstant qui sonne juste) (trop la classe)
Nonobstant donc, je suis fascinée. Car même « institutionnalisé », le propos de l'art dans la rue reste efficace.
Et Ernest, un des Maîtres en quelque sorte, j’ai vu cet été une belle expo à L’Isle sur Sorgue, à la Maison de René Char. Avec surtout les hommes qui ressemblent à des Cris de Munch, collés sur des vitres de cabines téléphoniques. Il y avait également un film, dans lequel on voyait le grand monsieur malicieux travailler, expliquer, se régaler. Il dessinait les corps, ses modèles étaient des danseurs, tiraillés dans des positions christiques, quand le corps souffre. Il essayait de reproduire le mouvement, l’action pour qu’elle dise encore quelque chose.
Souvent le street-art fait ça : montrer une action, collée sur un mur et pourtant qui bouge.
À cause de la force de ce qui est montré, fort souvent parce que ça ne devrait pas être là, alors toujours c’est puissant : l’image ou la phrase nous regarde, nous demande quelque chose.
Ça nous réclame de réagir.
18:31 Publié dans Les envies | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : street art, pavé, faire, jr, pignon ernest, space invader













Commentaires
C'est interessant la maison Rene Char ?
Écrit par : Miss Zen | 07.01.2009
La partie René Char, oui, si on est sensible à la poésie évidemment. J'avoue que cette fois-là j'étais tellement fascinée par l'univers d'Ernerst pignon ernest que je n'ai pas été très attentive. Je n'en garde quand même pas un souvenir marquant… Par contre, l'endroit est joli, l'isle sur sorgue charmant hors saison, et en plein été il faut aller manger une énorme glace chez isabella (avec bounty planté dans la glace).
Écrit par : ficelle | 07.01.2009
Ce que j'aime avant tout dans l'art de la rue, c'est la notion de partage évident, total.
Écrit par : Cécile de Quoide9 | 08.01.2009
Ah je rêve d'un livre affiché dans la rue…
Écrit par : ficelle | 09.01.2009
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