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08.05.2008
philo-sophie vraiment bien !
Ce matin, je voulais parler des nourritures affectives, du bonheur quand il se diffuse à ce point-là, de l’émerveillement du débutant face aux réflexes du professionnel, du sourire idiot qui ne me quitte pas depuis vendredi (un peu sainte-sophie doublée de la face béate du merlan frit), d’une grand-mère qui au milieu de sa résignation à être vieille et rangée dans une maison de retraite sourit de tout son dentier en disant « mais c’est vraiment ton nom écrit sur la couverture ».
Je voulais parler des émotions (tellement), de la fierté d’une petite jeune fille parce que c’est son premier livre dédicacé qui n’est rien comparée à la mienne de la voir repartir avec mon livre serré dans la main, d’une lecture à voix haute qui raconte ma musique…
Je voulais parler enfin du sentiment d’être vraiment bien, vraiment bien et pas juste bien, et de se sentir comme à sa place (penser à vous dire qu’on peut être soi-même et émue, que le trac n’empêche pas de parler, que Sartre l’avait dit « On est ce qu’on fait » et que j’ai vérifié) (c’est un vrai bon tuyau, le truc de Sartre, si tu fais rien il ne se passera rien de toutes façons)
Et puis je me suis dit, mais comment fait-on la différence entre un truc "bien" et un truc "vraiment bien" ?
Démonstration par l’exemple.
Je développerai un cas peut-être davantage approprié aux filles.
(mais pour les garçons plus binaires qui seraient parmi les lecteurs, je conseille l’exemple du match de foot : "bien" c’est aller jusqu’en finale de la Coupe du Monde et perdre aux penaltys, "vraiment bien" c’est la victoire de 1998) (ce qui est bien avec les personnes binaires, c’est que c’est moins compliqué à expliquer, si on choisit les bons termes, ça leur parle tout de suite. Et ça, pratiquer la pensée binaire, je m'y essaie régulièrement, ça me fait des vacances) (un peu comme quand on vous conseille de prendre un bain pour vous relaxer)
Donc pour les autres, filles et toutes personnes compliquées qui se vautrent dans la nuance, je prendrais le cas de l’achat de la paire de chaussures.
« Vraiment bien » : c’est la nouvelle paire de chaussures qui va avec tout. Les magiques, faites pour redonner de la valeur à toute une garde-robe, on les enfile et cette jupe qui ne ressemblait à rien devient soudain la pièce maîtresse d’un dressing en désuétude, même le tee-shirt H&M a l’air siglé Chanel du coup. Cet événement grandiose se vit d’abord en face à face avec soi-même. Puis avec son miroir (et on se les regarde ses godasses toutes neuves, de face, de profil, d’en haut…) Et enfin nous voilà avec des ailes ! Marchant dans les rues comme un top model avec en plus l’assurance délicieuse du combattant qui affronte le parcours !
« Bien » : c’est la nouvelle paire de chaussures (hyyyyper belles) qui va avec… RIEN.
Vous mesurez ici immédiatement l’immense différence.
Alors, pour résumer, en ce moment j’ai l’impression de m’acheter la paire de bottes de 7 lieues, celles avec des grandes ailes sur le côté, tous les quarts d’heure !
Ce qui ne m’empêche pas de lorgner sur une paire de nu-pieds argentés, toutes simples donc d’un prix indécent. Parce que l’être humain est un être de désir… Mais ceci est une autre philo-sophie.
À suivre…
18:03 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : chaussure, zidane, littérature, chat botté



