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28.04.2008
Au théâtre ce soir : philo-sophie !
Sur une scène de théâtre, les acteurs ont le droit de fumer. Pourtant, c’est très public comme endroit le théâtre, puisqu’il y a un public justement. Il existe, je vous l’accorde, comme autrefois dans les bars et restaurants, une frontière invisible qui sépare en deux l’espace : fumeur et non-fumeur. Mais le théâtre l’a compris depuis le début, cette frontière a toujours été totalement inefficace. Le texte passe de la scène aux fauteuils, le spectateur ressent, respire et profite de la fumée…
Tout d’un coup, ce simple geste d’un acteur qui tire sur la clope et les volutes qui se mélangent à la lumière, me rappelle qu’ici (là où ça crée, ça invente, l’art avec le A petit ou grand) c’est ni un espace public, ni un espace privé : c’est un espace de liberté. Le seul qui reste, ou le seul qui perdure envers et contre tout, l’art c’est sans doute aussi à ça que ça sert, à être de la liberté. Liberté utilisée par des gens qui sont un peu dingues d’être libres à ce point-là et qui nous font du bien.
Sans eux, nous serions emprisonnés.
( quand je dis qu’ils sont dingues, évidemment, je relativise ) ( je me souviens d’une époque où je travaillais à vendre des choses sans grand intérêt et je passais des journées entières à régler des problèmes qui n’en étaient pas et il ne me restait que le temps de dormir et tout le monde trouvait ça normal comme vie)
Donc, voilà, je savais, mais tout d’un coup devant le spectacle, je me suis souvenue un peu plus qu’il y a des endroits où la liberté se respire.
Bon, en philo-sophie, on sait qu’on peut toujours voir les choses sous un autre angle (thèse, anti-thèse, synthèse) : au théâtre, la tragédie servait aux grecs de catharsis (en gros, voir le spectacle de la souffrance permettait aux citoyens de l’Antiquité de se débarrasser de leurs propres angoisses et de se faire un peu d’auto-morale : voilà bien tout ce qu’il ne faut pas faire en vrai si on ne veut pas finir fou ou mourir). Donc voir fumer l’acteur devrait me permettre de fumer à travers lui… Ah, mais si la vie était si simple ça se saurait !
Croyez-moi, il y a matière ici, à sortir de chez soi…
10:29 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : littérature, dieu est un fumeur de gitane, théâtre, fumer fait réfléchir




Commentaires
C'est marrant dans la dernière pièce que je suis allée voir, la comédienne fumait. Et je me suis dit plus ou moins la même chose que toi. Je me suis aussi demandée quelle était la marque de ses clopes et aussi si elle était fumeuse dans la vie, parce que peut-être qu'elle n'aime pas du tout fumer.
Ecrit par : Aude | 28.04.2008
Les diminutions de liberté, c'est un vrai pb. Même si je ne fume quasiment pas, je trouve con que les cafés soient sans fumée. Ca enlève leur âme et une partie de leur histoire. C'est complètement con.
Un jour, on pourra même plus péter tranquille !
;-)
Ecrit par : Ibid Norio | 30.04.2008
Amusant, je me suis posé la même question hier. Il y a deux ans Nick Cave au Grand Rex avait fumé tout le concert. Hier, rien. On sentait la consigne... Pourtant, il ne pouvait qu'être au-dessus de ça... Etrange.
(cela dit, il a mis le feu - ça, c'est encore autorisé ;)
Ecrit par : secondflore | 30.04.2008
toute société voudrait effacer toute difference, mais c'est justement la difference à vivre à voir, de certains qui la sauve ;) ouf, tout n'est pas perdu, restera chaque fois de petites lumieres, même si ce n'est que du theatre....
Ecrit par : m | 30.04.2008
"mettre le feu" au lieu de fumer… Voilà une phrase que je vais méditer, ça serait bien si j'arrivais à en faire une sorte d'objectif à atteindre (et comme tout bon objectif, je ne l'atteindrait qu'à moitié…
Ecrit par : ficelle | 07.05.2008
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