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29.03.2008
Y a-t-il une philo-sophie dans l'avion ?
ou Comment faire pour faire quand on sait pas comment faire, ni quoi faire ?
Ce matin, je me lève avec l’ambition de ceux qui ont le vertige mais qui vont quand même sauter en parachute.
Le questionnement (que je pratique régulièrement au lieu de faire des abdos, ou d’aller à la piscine) est un truc vicieux (je peux bien le dire maintenant que vous êtes accros). Indispensable, certes, mais vicieux.
Exaltant, c’est vrai, mais vicieux.
Enrichissant je l’avoue, mais vicieux.
Parfois cela vous entraîne loin, très loin.
C’est en gros le trajet dans l’avion, oh c’est joli les nuages, tiens j’avais jamais vu la terre sous cette angle. Et malgré la peur qui nous envahit, on s’interroge, on s’interroge. Un déroulement de la pensée sans fin, assis là dans le corps de l’avion, et y’a la carlingue qui tremble sous la pression, et ça fout les ch’tons mais on réfléchit. "Je saute ou pas. Si je saute, je serais fière de moi et mes parents seront super fiers, et puis les autres aussi. Parce que personne me croit capable de le faire, même moi je suis pas sure d’être cap. D’ailleurs je me demande bien ce que je fous là. Pourquoi je suis pas restée tranquille, en bas, les pieds sur le sol ferme. Déjà que je me casse la figure en descendant les escaliers, franchement sauter en parachute… Mais si je saute pas, qu’est-ce qu’on va penser de moi ? Oh, et puis qu’est-ce que je risque finalement ? Mourir, c’est tout. Ou alors d’atroces souffrances à cause des 26 fractures que je vais me faire en m’écrasant lamentablement dans un arbre qui sera là exprès. Parce qu’avec le bol que j’ai, le seul pin parasol qui va se trouver dans les parages, il va être pour moi."
Des questions, des questions, encore et toujours des questions…
Et puis tout à coup, l’instructeur va dire Go, Go, GOOOO !
Ce saut un peu fou, ce plongeon où ça transpire dans la combinaison, ce geste courageux et poétique à la fois, c’est le passage à l’acte.
La descente qui s’ensuit fait place à la contemplation, et à la satisfaction personnelle.
Conclusion : sachant que dans l’avion, t’étais paniqué et t’avais l’impression d’avoir 3 ans, quel est le meilleur moment de cette aventure ?
Le moment où tu sautes !
Précision : l’auteur de cette philo-sophie confesse que jamais, au grand jamais, elle n’a sauté en parachute. Et que ça m’étonnerait bien qu’elle se mette un jour dans une situation pareille.
Mais il y a quand même, ici, matière à méditer…
10:51 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parachute, philosophie, planeur, se casser la figure, sueurs et vertiges, courageuse mais pas téméraire
22.03.2008
Je ne suis pas un cordon bleu
"Il ne faut pas faire de cuisine" dit un critique à un auteur inconnu au sujet de son livre et de son blog.
J'ai lu ça par-ci, par-là. La cuisine, c'est intéressant si tu es chef étoilé pas apprentit cuistot.
Voilà donc toutes les questions auxquelles je ne dois pas répondre et encore moins noter ici.
- Les corrections du texte sont-elles finies ?
- Les méchants sont-ils des gentils qui vont devenir méchants ?
- Le projet de la couverture est-il arrivé ?
- Où boire son café quand il n’y a pas de café de Flore ?
- Quelle est la différence entre le Salon du Livre de Paris et la fête du livre de Soulac ?
- Qu'est-ce que je mets sur le bandeau rouge de la jaquette de mon livre "Vous n’en n’avez jamais entendu parler" ou plutôt "Ça n’existe que pour moi" ?
- Qui croire ?
- Mon personnage de La libraire existe-t-il vraiment ?
- Suis-je un jeune auteur, un nouvel auteur ou une nouvelle auteur ?
- Faut-il faire un brushing avant de prendre la photo du communiqué de presse ?
- Comment rencontrer ses lecteurs quand on n’en a pas encore ?
10:10 Publié dans La libraire a aimé | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : castan café, la libraire a aimé, recette du gâteau au chocolat, livre, pronto
20.03.2008
le livre est mort, vive le livre !
19:32 Publié dans La libraire a aimé | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : machin, vent, livre, dieu, argent, bêtise
16.03.2008
(nous sommes tous des auteurs invisibles)
« 1 français sur 4 se rêve en écrivain »
12:39 Publié dans La libraire a aimé | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : l'homme invisible, littérature, alien, science-fiction
15.03.2008
millionnaire
Le ciel gris foncé s’assortit très bien avec les feuilles vert pâle des derniers arbres qui résistent dans le centre-ville.
(le décor)
Le monsieur du tabac au téléphone : « c’est comme quand tu grattes un ticket de millionnaire. Soit tu gagnes le gros lot, soit tu gagnes un peu, soit tu gagnes rien du tout. Tu perds rien à essayer. »
(le personnage principal)
Il dit cette phrase pendant que j’attends qu’il raccroche pour daigner me vendre des cigarettes. Son métier, c’est vendre des cigarettes, des Las vegas, des bics et des malabars. Au lieu de ça, il m’envoie des proverbes chinois à la figure, alors que je n’ai rien demandé. Même pas mes clopes. J’essayais de vivre un samedi tranquille, détachée, dans cette atmosphère que j’aime bien de pluie dehors et de lumière chaude dedans. Juste il me manquait les cigarettes et tout était parfait.
(la scène d’exposition)
Tu perds rien à essayer… Pas certaine de ça. Quelquefois on perd des plumes. Des plumes qu’on utilise après. Pour se fabriquer des ailes ou pour écrire des trucs.… Ouais donc je perds rien à essayer…
(l'intrigue)
C’est agaçant quand un buraliste malpoli se prend pour mon coach personnel.
(la chute)
14:47 Publié dans La libraire a aimé | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : coach, malabar, gagner au loto, littérature, écriture, humeur
12.03.2008
Le parti de LA POÉSIE
Programme personnel de soutien au Printemps des poètes (8 mars - 1er avril)
"Pour être surréaliste, enfin, au milieu des chiffres envahissants…"
- La liberté de paroles dans tous les sens, des mots inventés, des images surprenantes, des vers sans pieds, des regards troués, des idées surpeuplées, des musiques enroulées…
« Notre vie n'est pas derrière nous, ni avant, ni maintenant, elle est dedans ! »*
- Un cahier et un crayon à papier pour tous : écrire des histoires, ses mémoires, décrire la tête qu’on a dans le miroir, les gens qui passent quand on attend au buffet de la gare. Une mesure facile à mettre en place pour que chaque citoyen devienne désormais l’auteur de lui-même.
« Pour une augmentation du nombre de phrases ! »
- Des cadavres exquis pour remplacer les noms des documents administratifs : la déclaration d’impôts = la feuille rose qui voulait devenir une caverne d’ali-baba ; la facture d’électricité = le contrôleur qui se prenait pour une valise ; la carte vitale = la mémoire des yeux ; la carte bancaire = le vol des cigognes…
« Inventons, inventons ! »
* Jacques Prévert
11:43 Publié dans Les envies | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : jacques prévert, ali-baba, cigogne, poésie, cadavres
10.03.2008
Elephant people*
Me voilà taguée… (se faire taguer, c’est une sorte d’atelier d’écriture en fait. Qui passe de blog en blog. Quand on te tague, tu dois donner 6 qualités et défauts. Après c’est comme les chaînes de l’amitié, tu dois taguer à ton tour 6 autres bloggeurs) (un peu comme un My space, tu étends ta toile et ton réseau) (mon dieu que c’est beau)
Se retrouver taguée c’est une curieuse sensation, mais qui a l’avantage, contrairement au café renversé sur soi, de ne pas brûler et de ne pas tacher. Aussi, j’ai décidé de jouer et puis on ne sait jamais, je ne veux pas être celle par qui ne passera pas le miracle d’Internet.
6 qualités et défauts (tiens, tiens, ça me rappelle quelque chose).
Nostalgique : hier je suis retournée à l’école maternelle et j’ai fait mes devoirs.
Savonneuse : hier, j’ai glissé dans ma baignoire
La classe : aujourd’hui j’ai rendez-vous avec un avocat et ensuite avec un éditeur (sans aucun lien de cause à effet)
Éperdue : si vous pouviez voir ce que je vois
Menteuse par omission : j’ai fait des crêpes, et au lieu de mettre du beurre salé, j’ai mis du beurre doux. Alors j’ai rajouté du sel.
Fière de moi : pendant longtemps j’ai respiré de travers. Maintenant ça va mieux.
*Parce qu'on est tous le défaut de quelqu'un et la qualité de soi-même (mystère)
10:46 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : john merrick, baignoire, mystère, the married monk, miracle, tag, écriture
08.03.2008
happy nostalgie
12:39 Publié dans Les envies | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : the andrews sisters, danser au casino de la rochelle, soleil, musique
Résumé de philo-sophie
J’ai entendu parler
Du besoin d’être aimé, et plus que ça
Des souvenirs de l’enfance et des pères, les blessures que ça laisse, les adultes que ça fait
Des routes et les chemins qui s’empruntent en attendant le bon, et aussi les virages qu’on négocie et les impasses, et ceux pour qui ça roule
De l’importance des rencontres
De la précarité et des risques
De ruptures : avec un autre, avec un métier. Et puis le mot rupture a pris la forme d’un président, alors j’ai décidé de ne plus utiliser ce mot.
Des choses qui s’arrêtent brutalement et des difficultés pour se reconstruire
De la solitude au milieu
De l’image qu’on donne, des autres qui vous regardent ou pas, comment ils vous regardent
De tas de trucs sur le temps qu’il fait, fera, était, devient, avec les nuages, le vent, l’hiver qui vient pas, l’été qu’on attend qu’il revienne
De si on fait des concessions, faire la pute ou être diplomate, de la limite que chacun se fixe
De se vendre
De se donner
De s’assumer, s’affronter, s’attaquer à soi
Des mercis se dire vraiment
Des colères, des « j’comprends pas ce qui se passe », c’est pas possible, de Groland qui devient en vrai en moins drôle
Et du monde qui tourne pas rond, qui change et de nous dedans.
Et de la banquise qui fond
Une jeune fille : « si tu regardes autour de toi vraiment, tu deviens fou »
D’amour comme je savais même pas que c’était possible
…
J’ai vu
Des larmes retenues juste au bord. Sans honte.
Des mains amicales se poser sur les épaules, les cuisses, les mains avec des bises
La mer Méditerranée et l’océan Atlantique, la neige aussi.
Des gens aller les uns vers les autres et s’arrêter. Un peu d’intensité dans les croisements
Des gens qui avaient l’air très très très riche, mais vraiment très très très riche
Des affiches pour vendre des voitures avec des fleurs qui poussent derrière les pots d’échappements
L’origine du monde en vrai et ça m’a fait du bien cette liberté, cette provocation, cet amour, et puis Lacan qui l’avait planqué chez lui. Comme si la proximité avec les œuvres étaient contagieuses un peu
Des couvertures de magazines qui ressemblaient à des attentats à la pudeur
Des yeux grand ouverts, écarquillés, sur des photos, des tableaux, des dessins, des écrans, des lumières, des paysages
Des émotions traverser les visages…
J’ai
Travaillé plus pour moi (plus d’écritures, plus de lectures), pour gagner plus du bonheur
Ecouté davantage et compris 2 ou 3 trucs essentiels
Evité de prendre des résolutions et fait ce que je pouvais
Voté, et regardé la télé qui se prenait pour le cirque et la galerie des monstres
Pris le temps pour ce qu’il est : un présent.
…
Et puis j’ai écrit des philo-sophies et j’ai aimé ça.
12:30 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : nuages, truc essentiel, philosophie, la mer, écrire
03.03.2008
Le complot contre ma télé
Ma télé n'a pas supporté Rachida Dati hier soir.
Ja me moquais de ses cheveux très mal coupés pour éviter de m'agacer sur le reste, il s'agissait pour moi de faire preuve d'un certain détachement. C'est-à-dire me concentrer sur la forme au lieu du fond, sinon j'allais encore me mettre en colère toute seule (et puis elle répond même pas à la question du journaliste, ça fait deux fois qu'il la pose, mais non elle continue à blabater ce qu'elle veut et moi j'aime la France et gna gna gna) (ça donne des trucs comme ça quand je m'énerve toute seule).
Bref, je choisissais de commenter son look pour camoufler ma rage…
Et la télé s'est éteinte, sans un bruit. Au beau milieu de la langue de bois.
C'est un message ultime que l'appareil m'a envoyé en se suicidant, là, en silence, dans une mort magnifique de simplicité.
Ne te laisse pas embobiner, me disait-elle, ne les écoute pas, ils ne disent rien d'intelligent…
J'ai râlé deux minutes parce que j'avais prévu de regarder Le pianiste, qui va s'ajouter à la liste de mes films maudits (c'est quand ça rate à chaque fois que je veux les voir).
Mon fils a râlé 5 mn parce que c'est un peu sa télé en fait, qui sert surtout à jouer à la Play-station.
Et puis, j'ai pensé que c'était peut-être une sorte de vaste complot organisé pour relancer la consommation… Des téléviseurs programmés pour s'éteindre. La phrase Moi j'aime la France qu'elle a prononcée plusieurs fois hier soir…
Big brother is watching you…
20:21 Publié dans Les petites résistances | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note




