« 2008-01 | Page d'accueil
| 2008-03 »
28.02.2008
vie privée 3.
Pour peu qu’on n’oublie pas qu’on est « un homme fait de tous les autres et qui les vaut tous ».
Jean-Paul Dubois citant Jean-Paul Sartre
J’ai été braqué par deux types en plein conseil municipal.
Pendant trois heures, ils en ont parlé au début de tous les flashs infos. Après les braqueurs ont été arrêtés, ils l’ont annoncé, « tout est bien qui finit bien pour la prise d’otages. » ils ont dit ça.
Les braqueurs demandaient 12 places pour le match de la ligue des champions. Les journalistes ont trouvé que c’était une histoire marrante. Menacer des pauvres types comme moi pour assister à un match de foot, ça vous fait une info originale… Et puis, d’autres titres ont pris la place.
Moi je fais toujours la « une » dans ma tête. Je ne m’en remets pas. La peur ne me lâche plus. J’ai honte. J’ai même chié dans mon froc pendant que les 2 types cagoulés visaient sur nous avec les flingues. Ma femme, elle n’a rien dit pour le pantalon, elle l’a mis au sale discrètement.
Je n’ai pas retravaillé depuis 147 jours. Je les compte tous les matins. Ma femme ne dit rien non plus pour ça. J’ai peur de revenir dans la salle du conseil municipal. Ils m’ont dit qu’ils avaient repeint les murs pour changer le décor. Je suis incapable d’y aller. Le psy que je vois il dit que c’est un blocage normal, le choc. Il pense que ça va passer, il suffit qu’on parle tous les deux. On peut bien parler des années entières, j’ai la peur vissée au ventre. Je préfère ne pas sortir de chez moi. Ça s’appelle une vie foutue en l’air.
18:31 Publié dans les fictions | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
25.02.2008
poétique
"Touche-moi pas, tu me salis"
Parfait octosyllabe, qui sonne comme un cri d'honneur qui ne sera pas bafoué (genre Corneille).
À vos tee-shirts.
(En 2008, Shakespeare aurait fait des slogans, c'est sûr)
11:01 Publié dans Les petites résistances | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
22.02.2008
Vous reprendrez bien un peu de philo-sophie ?
Il y en a comme ça qui n’aiment pas finir. Son assiette, par exemple. Terminer les choses, c’est compliqué pour certains. Parce qu’il faut se confronter à quelque chose comme l’échec, le sien. Ça c’est la version officielle. On détourne, on contourne, on repousse, on en laisse un petit peu. Parce que quand ce sera fini, on se retrouvera en face du truc, raté sûrement (ben oui, on est dans le cas de figure de la peur de l’échec, c’est-à-dire incapable d’imaginer qu’on puisse faire autre chose que de se planter en beauté) donc si j’en laisse un petit bout, peut-être que ça se verra moins…
Bon, je vais vous le dire en toute franchise et vous révélez la vérité (un peu comme le père noël, attendez-vous à un truc qui va radicalement changer votre vie) : les gens considèrent que quelque chose est raté quand ça n’est pas fini. Et même terminé mais foiré, les gens trouvent qu’au moins vous avez eu le mérite d’aller jusqu’au bout…
(je sais, les gens pensent pas toujours comme on imagine, les gens sont fatigants)
Et puis, dans cette façon de traîner et d’en laisser toujours un petit bout, il y a l’émotion, l’affectif. Finir, c’est partir, c’est quitter. Finir, c’est mourir un peu… (voilà, le mot est lâché, le gros et grand mot qui fait peur).
Alors, figurez-vous, que quand on finit son assiette, on ne meurt pas. (à moins d’avoir une crise cardiaque pile au moment où on vient d’avaler le dernier morceau de pain qui a servi à saucer, mais là c’est pas de bol) (la philo-sophie ne peut pas tout prévoir non plus)
Et encore mieux, quand on finit quelque chose, le sentiment d’avoir abouti donne un élan de vie et l’envie de s’attaquer à la suite, à autre chose. Faut digérer un peu (normal, comme on vient de lécher l’assiette et qu’on s’est gavé, on a un temps de digestion inévitable) et après, hop, on s’attaque à autre chose !
Ce qui est bien en philo-sophie, c’est qu’on peut aussi décliner l’inverse et rendre hommage au petit bout qui reste dans l’assiette : avoir toujours encore un peu faim…
Il y a matière ici, je crois, à manger du foie gras et en redemander !
11:55 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
21.02.2008
Le parti de la désobéissance
Pour être rebelle au milieu de la résignation moutonnante…
LE PROGRAMME
- Le droit pour tous de dire ce que l’on veut sans craindre les conséquences :
faire remarquer à son professeur que l’éducation vise à l’autonomie de l’individu alors
que l’individu en question ne doit jamais donner son avis,
signaler au policier qu’il est en train de griller un feu rouge
au moment même où il nous explique que c’est interdit…
« La parole aux paradoxes ! »
- Une nouvelle matière obligatoire dès la maternelle :
apprendre à dire NON.
« Pour des citoyens qui refusent ! »
- Un marqueur indélébile et une bombe de peinture offerts
pour chaque acte de désobéissance : écrivez sur les murs !
« Des opinions partout dans la rue ! »
Retrouvez d'autres programmes électoraux là
18:45 Publié dans Les petites résistances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.02.2008
oh feu les pompiers
La mémoire, dieu et les guides spirituels, la marseillaise à l’école, les bénéfices des multinationales, une expo sur mai 68, des ouvriers qui prennent en otage les cadres de leur entreprise, Bordeaux 6 – Monaco 0, le kosovo indépendant et ses drapeaux, des CM2 avec des grosses valises à porter…
Pendant ce temps-là, des attentats là-bas et puis là.
Comme un gros foutoir.
On entend dire n’importe quoi, et tout et son contraire.
De l’intime qu’on jette à la face des gens.
(et si t’es pas d’accord, tu peux juste éteindre la télé et la radio et internet et la tête alouette)
Mon guide spirituel ? Obligatoire d’avoir un guide spirituel ? Mais où est-ce que j’achète ça, moi ? Chez H&M, ça doit être du guide qui reste à la mode 15 jours…
Ah, non, des guides y’en a pas cher à la librairie : Camus, Flaubert, Duras, Auster…
Ah, c’est pas de ceux-là dont on parle.
La dernière fois que j’ai chanté la Marseillaise debout les mains croisés dans le dos, j’étais dans une classe d’école. Un pensionnat catholique (très catholique) (avec les pancartes dans les couloirs avorter = assassinat), à tendance royaliste (ah… la prise de la bastille racontée par un prof d’histoire fasciné par le lys).
Bof. Je préfère la chanter sur la place d’un petit village dans les Landes un certain soir de juillet 1998. Et après aller faire des auto-tamponneuses.
Pendant ce temps-là, des trucs qui brûlent dans le monde : des drapeaux, des maisons, des pneus devant des usines, des bougies le soir de la St-Valentin…
Ça prend feu on dirait… Tout doucement.
Chacun avec son guide et sa flamme.
10:52 Publié dans Les petites résistances | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
16.02.2008
vie privée 2.
Pour peu qu’on n’oublie pas qu’on est « un homme fait de tous les autres et qui les vaut tous ».
Jean-Paul Dubois citant Jean-Paul Sartre
C’était moi qui conduisait la Fiat Uno blanche sous le tunnel de l’Alma.
J’ai heurté la Mercedes. Le choc était très violent, mais ma voiture est repartie alors je me suis enfui. Je suis rentré chez moi et ma femme a compris que j’avais eu peur. J’ai parlé d’une grosse bagnole qui avait débouché sur moi, que le mec avait pris la fuite. J’ai inversé les rôles.
Le matin, quand le réveil a sonné à 7 heures avec les infos, j’ai compris que j’avais tué Lady Di. Depuis que le reportage est passé à la télé, ma femme se doute de quelque chose. Elle ne m’a rien dit, mais elle sait. Elle a été jeté un œil à la voiture que j’ai laissé enfermée dans le garage. Quand elle revenue, elle m’a embrassé avec violence et m’a demandé de la baiser là tout de suite.
Elle collectionne désormais tous les objets à l’effigie de lady Di et elle a tout le temps envie de moi. Pour nos 10 ans de mariage, elle a réservé une chambre dans l’hôtel qui fait face à la flamme du souvenir à l’entrée du tunnel, là où les anglais viennent poser des fleurs. Ce sera un anniversaire mémorable, elle m’a dit avec un regard de chienne.
09:15 Publié dans les fictions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
12.02.2008
Les sabots d'hélène…
J'ai remarqué que les filles d'aujourd'hui (ont de bien jolis parapluies, chantait Gérard Depardieu sur un 33 tours), les filles d'aujourd'hui se regardent droits dans les bottes.
Il y en tellement de modèles (pointues, rondes, carrés, cow-boy, plates, talons…) que se glisse dans ce coup d'oeil assassin un jugement qui varie selon : j'aurais dû m'acheter celles avec des talons, ou ça le fait des plates un peu motard.
En bref, il s'agit de vérifier si la botte de la fille croisée n'est pas la secrète… La perle rare, la botte qui sortirait de ce vaste paysage infini de la chaussure "on a toutes la même", celle de sept lieues qui nous emmènerait au bout du monde (c'est-à-dire sans avoir mal au pied le long de 2 ou 3 rues piétonnes).
L'oeillade est systématique, elle commence par là, en bas, avant de remonter éventuellement si vous avez réussi le test "j'ai les pompes qu'il faut".
En attendant, qu'elles regardent mes godasses tant qu'elles veulent, pendant ce temps-là elles ne matent pas mon amoureux.
19:15 Publié dans Les apparences | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
10.02.2008
ici, maintenant, le 10 février 2008
TU DANSES ? OU TU TE FAIS MARCHER
SUR LES PIEDS ?
TU ES EN RYTHME ? DÉCALÉ, PLUTÔT ?
TU PRÉFÈRES REGARDER SUR LA PISTE ?
OU TU ES AU CENTRE DU DANCE-FLOOR ?
TU TE SOUVIENS DU QUART D'HEURE AMÉRICAIN ?
TU TE LAISSES ALLER ?
TU T'ABANDONNES PAS ASSEZ, PEUT-ÊTRE…
09:30 Publié dans Les questions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05.02.2008
vie privée 1.
Pour peu qu’on n’oublie pas qu’on est « un homme fait de tous les autres et qui les vaut tous ».
Jean-Paul Dubois citant Jean-Paul Sartre
Je suis flic. Dans la rue, les gens me regardent de travers. Je ne supporte plus. Je ne comprends pas pourquoi tout le monde m’en veut comme ça, sans même me connaître. Je vois bien qu’ils se moquent, avec un truc rieur dans leurs yeux, peut-être à cause de la tenue. Même mon arme bien accrochée à la ceinture, ça ne les impressionne pas. J’entends entre leurs dents des trucs du style « enculés de flics », « facho ». Je ne suis pas un fasciste, ni un enculé. Je suis flic, c’est tout. Un métier comme un autre, il en faut bien des flics.
Au début, quand j’ai marché dans la rue pour la première fois en uniforme, je me sentais fier. C’est bête. Oh pas fier du style représentant de l’ordre, mais fier parce que j’avais réussi à avoir un vrai métier. Je croyais que c’était un vrai métier flic. En fait, c’est autre chose qu’un métier. Un truc qui n’existe pas ailleurs. Un travail et une honte à la fois. Et puis des bousculades. Quelquefois on court après un voleur, souvent on nous déteste. Même quand on aide les gens, ils ne nous aiment pas. Ça les gène d’avoir besoin de nous.
C’est de pire en pire. À cause des lois qui se durcissent, de la connerie des quotas, de l’image que ça nous donne toute cette moralisation. On est en première ligne. Je me mets à votre place, je suis comme vous, j’ai pas le choix. Toi t’es chauffeur de bus, toi t’es vendeur de baskets, toi tu coiffes des vieilles, toi tu apprends à des gosses énervés l’Histoire de France. T’as pas le choix. Mais flic, en plus de subir les choix de ceux d’en haut, t’es une cible pour tous les autres. On m’a encore jamais tiré dessus, mais avec vos yeux ça fait des mitraillettes.
Le soir, après le boulot, ma femme me regarde en souriant. Elle essaie de me remonter le moral. Ça ne marche plus. Son sourire il est figé, elle pense à autre chose. À son boulot qui n’est pas marrant ; au supermarché ils ont commencé à remplacer les caissières par des caisses libre-service. Tu sais, tu fais tes courses et toi-même tu enregistres tes achats avec une douchette électronique. Les caissières, elles ont rigolé au début à voir les clients qui ne savaient pas faire passer correctement les produits devant les code-barres et puis les petits trucs techniques à connaître comme un livre, ça a 2 code-barres… Elles étaient un peu contentes, ils allaient voir que c’était pas un métier facile facile. Et puis à force de venir, les clients ils ont compris et puis les gens ils aiment pas passer pour des cons, surtout au supermarché. Maintenant elles font des réunions entre elles pour préparer une grève au cas où on les supprimerait toutes pour mettre des robots à la place. Elle les appellent comme ça les caisses sans caissières, les robots. Elle y pense tout le temps qu’on va bientôt la remplacer, alors son sourire maintenant il est automatique. Et puis elle a honte d’être mariée à un flic, avec le fils qui ment à ses copains depuis qu’il est au collège. Avant, plus petit, il disait mon père il est gendarme, ça le faisait dans la cour de récré. C’est ce qu’il m’a expliqué l’autre soir. Mais depuis la classe de 4ème, avec l’autre là au ministère de l’intérieur, ça craint d’avoir un père flic, ça fait collabo il a dit.
Je suis à leur service. Pas au vôtre. Vous l’avez compris maintenant. Je fais un métier qui ne sert à rien, juste à faire peur. Je punis toute la journée. Le pire c’est les patrouilles, ces heures à marcher dans la rue, juste pour vous montrer qu’on est là, qu’on peut intervenir. Il faut tout le temps vous rappeler que les règles ça existe. Sinon la France elle part en couilles. Le chef il parle comme ça. Il nous motive. Parce qu’ils le voient bien, nos supérieurs, qu’on a de plus en plus de mal à faire le boulot.
Je ne comprends plus. Au départ, je faisais mon métier. Comme vous. Maintenant, je rase les murs d’une certaine façon. Régulièrement, je fais parti des convois. Entre nous, on dit les convois quand on est envoyé dans les coins chauds, les barres d’immeuble avec les mômes qui nous détestent et qui nous balancent des trucs à la figure. Des briques. Et des insultes. Ça ne sert à rien qu’on aille là-bas, on répare rien, on arrête 3 gamins qui sont relâchés le jour même, on balance des gaz lacrymo pour les calmer comme si c’était des animaux enragés qu’il fallait repousser dans leur jungle. On essaie qu’ils débordent pas des limites. Je ne comprends pas pourquoi ils me haïssent comme ça. Le chef il dit que c’est pas moi en tant que personne qu’ils veulent crever, mais que c’est le symbole, ce que je représente. Je comprends pas. Je ne représente rien à mes yeux.
Un flic. Je suis un pauvre flic.
Ma femme qui sourit le soir comme une caissière automatique, mon fils qui ment et qui fait la gueule parce que j’ai pas acheté la PS3, c’est pas marrant comme vie. Vous qui me regardez en travers, des mômes qui me balancent des pierres, les chefs qui hurlent qu’on fait pas les quotas. C’est pas marrant comme vie, vraiment.
Et puis y’a l’autre qui parade. Avec les prisons à construire à remplir. Avec la peur sur la ville… J’aimerais bien l’y voir à ma place.
C’est vrai, quoi, jamais on essaie de se mettre à la place d’un autre. J’aurais pu être un voleur au lieu d’être un gendarme… Et c’est moi qui aurait jeté mes crachats sur les mecs qui passent en uniforme. On n’a pas le choix, j’vous dis, c’est foutu comme ça, je fais ce métier comme toi tu fais le tien, facteur ou chômeur. Et puis certains font bandits, dealers, menteurs.
Si j’avais été plus malin, j’aurais fait comptable. Mais il y a toujours quelqu’un qui te méprise, mon fils il aurait fait une espèce de moue en disant Ouais mon père c’est qu’un foutu comptable de mes deux, il range des chiffres dans des cases pour des types qui ont du pognon…
L’autre jour, j’ai croisé une jeune femme qui a planté ses yeux dans les miens. Elle m’a regardé pendant quelques minutes comme ça, fixement. C’était une sorte de provocation je crois. J’ai senti qu’elle était déçue à cause de mon regard vide. J’ai pas bougé, ni rien. Elle cherchait quelque chose, me prouver peut-être qu’elle avait compris que je faisais parti de la bande d’en face, les ennemis, ou alors elle voulait me montrer un peu de sa colère, qu’elle n’avait pas peur. J’ai laissé faire, j’avais rien à lui dire avec mes yeux. Oui, si elle veut, je suis le méchant, si elle veut, je m’en fous, je comprends rien. Mon collègue il a murmuré « Font chier tous ces connards à nous mater ». Il a fait un rêve l’autre nuit, qu’il était transparent, même sa copine elle le voyait plus. Ça l’a un peu chamboulé. Du coup, il m’a demandé si c’était vrai qu’il y avait des psy qui s’occupaient des flics, pour les aider. C’est la légende, j’ai répondu. « Il doit bien y en avoir quelques uns pour rafistoler le moral des troupes, mais sont pas nombreux, alors c’est comme une légende. T’es tout seul mon gars, tout seul comme l’homme invisible… »
Transparent dans un uniforme comme une cible.
14:05 Publié dans les fictions | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
Les malheurs de "philo-sophie"
Les décisions que prennent les autres et qui ont des conséquences sur nos vies : comment s’en débrouiller ?
C’est difficile d’accepter de subir. Très énervant en fait. Envie de donner des gifles quelquefois. Des grosses gifles, avec des coups de poing. Ou au moins gueuler très fort, remettre les choses en place. Mais souvent, pas moyen, il faut juste se démerder avec les conséquences. Parce que réagir (dans la colère) pourrait aggraver les conséquences, tout au moins ne rien améliorer du tout.
Bref, quelquefois ça ne sert à rien de se mettre tout rouge et de hurler très fort.
Le seul truc intelligent à faire, c’est se prendre par le bras et gravir la montagne (ça n’est pas simple de gravir un sommet en se tenant par le bras, je vous l’accorde) (mais prendre en main les emmerdements à venir c'est pas simple alors il y a une certaine efficacité à cette image, à première vue confuse). Donc il faut s'y coller.
Accepter de perdre du temps et de l’énergie pour régler un problème que l’on n’a pas créé, pas choisi. On voit bien comme ça pourrait être tellement simple, et qu’en face ça s’obstine obstinément à compliquer. Soit. On a pris conscience de l’absurdité de la situation. Surtout ne pas s’attarder là-dessus.
Faut s’y mettre. Dans l’ordre. Pour soi.
Est-ce que ça rapporte quelque chose ? Pas au sens « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » (parce que oui, forcément, quand on en a chié, on se débrouille pour que ça nous serve à quelque chose). Et si vous êtes bouddhiste, alors ce chemin de peine-là doit vous mener tout droit à une prochaine vie sur terre où vous passerez au stade supérieur. En philo-sophie, on ne croit en rien de ce genre-là (imaginer qu’un jour je serai caillou ou poisson rouge, ça me terrorise d’avance) (surtout quand je pense à la façon dont j’ai traité les poissons dans Les malheurs de Sophie )
Éventuellement, ça va mieux après. C’est fait, on a réglé comme on pouvait les conséquences, voilà. Petite victoire.
C’est déjà pas mal, finalement…
13:30 Publié dans Les "philo-sophie" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



