01.07.2009
Pendant ce temps-là…
Je reçois des mails suite à l'interview du Buzz littéraire. Qui encouragent.
Mme Boutin attend un coup de fil du premier ministre, un peu gougeat. Heureusement, Monsieur Guéant "lui avait «fait un certain nombre de propositions qui lui semblent intéressantes». Elle a notamment «parlé» avec lui d’un poste d’ambassadeur de France au Vatican."
Ça m'a fait rire, ça sonne un peu comme un exil, une sorte de placard flatteur.
Car c'est un gouvernement qui a le sens de la flatterie, on ne peut pas le nier. Le plus surprenant étant qu'ils soient si nombreux à tomber dans le piège. Pourtant Maître Corbeau, sur son arbre perché, avait juré (un peu tard, mais suffisamment tôt - 17ème siècle - pour que nous retenions la leçon) qu'on ne l'y reprendrait plus… S'ls n'ont pas lu La princesse de Clèves, devraient revoir leur La Fontaine.
Mon fils a enfin terminé ses épreuves de Bac Français : la maison retrouve son calme (forcément, il est parti chez des copains…). En gros, cela signifie que pour lui (comme pour un grand nombre de jeunes de son âge) la découverte de la littérature à l'école est terminée. Ça me laisse perplexe…
J'ai bien vérifié dans le dico : habiter en ville = urbain = poli et civilisé. Là aussi, ça me laisse perplexe…
J'ai envie de bleu qui mouille.
J'attends que mon livre sorte des presses de l'imprimeur, le temps est suspendu d'une certaine façon.
J'ai l'impression que les missions de l'année sont accomplies. Presque. (il reste la vengeance)(et 2 ou 3 autres trucs)
J'approche de la fin du Portrait de l'Artiste en Hors-la-loi. Que je conseille avec le même enthousiasme.
Et puis je vais aller manger une glace.
16:25 Publié dans Les envies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
29.06.2009
Portrait de l'artiste en hors-la-loi
09:29 Publié dans Les lectures | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : littérature, fiona capp, art, portrait de l'artiste en hors-la-loi
26.06.2009
Version originale

La première fois que j'ai entendu cette version, c'était au premier concert de Mathieu Boggaerts en novembre 1996, dans un petit bar-concert qui n'existe plus, Le Jimmy.
Je me souviens aussi de cette attente devant la télé pour voir le clip de Thriller. J'ai cette image précise dans la salle à manger de ma grand-mère, assise dans cet épouvantable fauteuil marron à fleurs. Fauteuil dans lequel j'ai passé du temps, de la lecture de Mickey Parade en mangeant du chocolat à quelques soirées devant les films du Cinéma de minuit (je voyais même les personnages de Folon s'envoler à la fin de la nuit…). Farah Fawcett est morte aussi. C'est sur ce même fauteuil que je regardais Drôles de dames.
La maison a été vendue depuis, et ma grand-mère est sans souvenirs à cause de cette maladie qui fait tout oublier, le pire et le meilleur.
Je me rappelle avoir dansé dans des bals de camping sur la côte atlantique, adolescente. Délicieux instants quand la vie a l'air tellement longue.
Ceci n'est pas un hommage, juste un enterrement.
09:30 Publié dans Les conversations | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
23.06.2009
Et je suis devenue Zidane…
Ça n’a pas commencé calmement.
Tout de suite, dès 21h, ils étaient là, sous ma fenêtre, de plus en nombreux. L’effervescence des uns, la bière des autres.
Cette rue résonne. Je pense que c’est à cause de cette grosse Cloche, qui est posée sur un bout de vieux rempart, et qui abrite la sainte église d’Éloi (un dimanche, il y a quelque temps, ils ont fait procession. Ils chantaient en latin, le prêtre secouait l’encens et ça m’a rappelé quelque chose qui n’a rien à voir avec les églises que j’ai très peu fréquentées, je ne sais pas quoi. Les prieurs-chanteurs marchaient donc derrière cette sorte de baldaquin-parapluie qui doit avoir un nom théologique. Devant, sagement, des enfants de chœur. Certains habillés de rouge, comme des minis évêques, un surtout, le cheveu très court, les mains jointes et son visage sérieux, ferveur. C’est cette église-là qui vit en dessous de la grosse cloche. On dit qu’il y eut ici des cachots…).
Donc peut-être à cause de cette énorme cloche, bref, ici t’éternues et toute la rue se mouche.
C’était comme si tous ces gens, venus assister à la soirée-concert, tous étaient assis avec moi sur mon canapé.
Il faisait chaud. J’ai fermé les fenêtres. Qui ont des vitres simples. Simples comme fines. Simples comme qui servent à pas grand chose.
J’ai monté le volume de la télé. J’écoutais Guyon parler à Envoyé spécial.
Plus tard, je suis allée lire. J’ai changé 3 fois de livres.
J’ai appelé la police.
J’ai mis des boules quiès. Comme les vitres, simples et inutiles.
J’ai regardé l’heure. J’ai rappelé la Police. Je me suis excusée de téléphoner encore, pour ça, alors qu’il y a des veuves en détresse et des orphelins à sauver.
Mais j’avais besoin d’aide.
Parce que je ne pouvais plus faire autre chose que penser à ça.
Et je n’ai pensé qu’à ça jusqu’à 1h30 du matin.
21h – 1h30
C’est long avec le bruit des autres qui prend toute la place dans ta tête.
Là, quand la musique s’est arrêtée, qu’il ne restait sur la terrasse que 4 ou 5 personnes (alors qu’un quart d’heure avant, ils étaient au moins 20), là une voiture de la BAC est passée. Ils ont dit « faut baisser la musique, ça fait 2 fois qu’on nous appelle » et ils sont partis.
Sur mon lit, j’ai dit « Mais non, partez pas, j’ai besoin d’être secourue !!!! »
En dessous, un type a dit, bien fort « c’est la connasse du dessus qui a pété les plombs, et qui a appelé les flics. Elle a qu’à aller vivre à la campagne. »
J’ai pas d’argent pour déménager.
Alors je me suis rhabillée, j’ai ouvert les volets, les fenêtres (tout ça fin comme du papier à cigarettes) et j’ai crié. (d’abord, je me suis présentée : c’est moi la connasse du dessus, et après j’ai crié.)
Je ne crie jamais. Même on trouve souvent que je ne parle pas assez fort. Je suis du genre « pointe des pieds », je dis « Bonjour Madame », je mouche mon nez, je m’excuse beaucoup, je remercie quand c’est moi qui donne une pièce (oui, je me suis surprise à dire Merci au moment où la pièce tombait dans la main tendue). Bref, je suis une fille qui fait pas de bruit.
Là, j’ai crié vraiment très fort.
Celle qui tient "le salon de thé bio qui fait du bruit comme un bar-club" m’a répondu, parmi des arguments divers et variés, que ce soir - et elle avait le droit, « j’ai le droit, elle disait, j’ai le droit et je t’emmerde » - ce soir donc, c’était une soirée à thème.
J’ai demandé « Et c’est quoi ton thème ?! »
Elle a répondu « Citoyen du monde. »
J’ai fermé ma fenêtre.
Épilogue : j’ai mis toute la journée à m’en remettre. Je déteste subir. Je déteste crier comme une hystérique. Je déteste tous ces gens pseudo-bio qui bouffent des tomates italiennes en hiver et qui font des soirées écolo-bobo en buvant de la Heineken. Je déteste l’éthique équitable qui consiste à faire aux autres ce qu’ils ne voudraient pas qu’on leur fasse.
Ça me rappelle une phrase sublime d’un monsieur qu’on arrosait par mégarde et qui hurlait :
« On n’est pas des carottes ! »
Parce que dans ma rue, les fruits et légumes, les thés et les paniers tressés, les tartes et les smoothies (dieu que ce mot est moche), reçoivent plus d’égard.
Alors, oui, hélas, on n’est pas des carottes…
À SUIVRE : dans le prochain épisode, vous saurez enfin comment Ficelle organise sa vengeance.
Fera-t-elle appel à un groupe armé et cagoulé (c’est interdit, je sais, mais c’est des méchants de toute façon, donc ils s’en foutent des lois) (sont un peu cons quand même au gouvernement, ils imaginent que les méchants vont se mettre à respecter le code de la route) (ça serait nouveau quand même) pour tout casser ?
Installera-t-elle un distributeur de coca-cola devant la porte pour combattre la bio attitude ?
Organisera-t-elle un banquet de carnivores dans la rue, avec supplément poulet aux hormones gratuit pour tous ?
Vous le saurez prochainement…
18:47 Publié dans Les petites résistances | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : pétage de plomb, pavé, le bruit dehors
21.06.2009
Phase terminale
Je n'ai jamais lu de livre de David Foekinos. Je l'ai aperçu au Salon Lire en Poche à Gradignan cet automne. Il était assis à côté de Serge Joncour. Ils étaient grands tous les deux, et je me sentais petite. Et radieuse.
David Foekinos parle ici de son prochain livre, du travail final, quand il s'agit de relire et relire encore.
Il explique parfaitement les choses, l'état dans lequel ça met. Il le dit joliment, précisément, et je pense que tous ceux qui écrivent comprendront pourquoi j'ai été touchée par ces mots.
"(...) ces derniers temps, j’ai surtout été focalisé par l’entreprise de peaufinage de mon dernier roman. Au fond, c’est ce qui prend le plus de temps. L’édifice n’est rien sans le positionnement des virgules. Et puis, la dernière étape c’est toujours ainsi : on met tout en doute. Cette phrase, ce passage, ce dialogue : plus rien n’est voué à la certitude. En relisant mon roman, je pensais en permanence à tous les romans que ce roman aurait pu être. Aux autres chemins qu’il aurait pu parcourir, du drame à la bouffonnerie. Il y a dans l’écriture de roman comme une fidélité brutale : le début d’un mariage. On choisit une vie, on est monogame de la virgule, et puis, plus on avance, plus on pense à tous les points-virgules avec qui on pourrait être. Avec qui : on pourrait vivre une parenthèse. On attend la parution, comme un soulagement, comme une façon de se dire : « ça y est, maintenant, tu es dans ton cercueil : on ne peut plus te modifier »
Son roman s’appelle La délicatesse. Je l'achèterai.
Le mien sera en même temps dans les librairies. Un peu plus planqué que le sien, sans doute, et c'est logique.
Ce matin, j'ai à nouveau cette sorte de truc brillant qui me gène devant l'oeil. Normal, j'ai planté tous les clous du cercueil, mon oeil me signifie qu'il en a assez vu ;-)
(Plus tard, je vous raconterai peut-être comment je suis devenue Zidane, l'autre soir, en pétant les plombs avec les voisines du dessous. C'est pas glorieux, mais il y a sans doute des leçons à en tirer en matière de philo-sophie…)
07:59 Publié dans La libraire a aimé | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : david foekinos, la délicatesse, sophie poirier a aimé










